TotalEnergies enregistre des bénéfices record, augmente son dividende
PARIS (Reuters) – TotalEnergies a publié mercredi un résultat net ajusté record de 36,2 milliards de dollars au titre de 2022, tiré par la forte hausse des prix des hydrocarbures sur fond de guerre en Ukraine, et a annoncé une hausse de ses dividendes.
Le groupe pétrolier et gazier, également très présent dans les énergies renouvelables, a précisé que sa politique de retour aux actionnaires combinerait en 2023 une augmentation de ses acomptes sur dividende de 7,2% (à 0,74 euro par action) et des rachats d’actions prévus à hauteur de 2 milliards de dollars pour le premier trimestre.
TotalEnergies table sur des investissements nets de 16 à 18 milliards de dollars cette année – dont 5 milliards dédiés aux « énergies bas carbone » – contre 16,3 milliards en 2022.
Il a souligné « l’environnement incertain » dans lequel évoluent les marchés pétroliers en ce début d’année, avec un « possible ralentissement économique à l’échelle mondiale (qui) pourrait être contrebalancé par le redémarrage de la Chine ».
Les marges de raffinage en Europe devraient rester soutenues par l’embargo sur les produits pétroliers russes tandis que les tensions sur les prix du gaz européen devraient perdurer en 2023, notamment dans un contexte de croissance limitée de la production mondiale de gaz naturel liquéfié (GNL), a également estimé TotalEnergies.
Le groupe a enregistré au quatrième trimestre un résultat net ajusté de 7,6 milliards de dollars (+11%), identique aux attentes des analystes, un Ebitda ajusté de 16,0 milliards (+12%) et une production d’hydrocarbures de 2,812 millions de barils par jour (Mb/j), en hausse de 5%.
Sur l’ensemble de l’exercice 2022, son résultat net ajusté a atteint 36,2 milliards de dollars, soit deux fois plus qu’en 2021, là aussi parfaitement en ligne avec un consensus établi par Refinitiv. Dans le même temps, son bénéfice net part du groupe a bondi de 28% à 20,5 milliards.
A la Bourse de Paris, l’action TotalEnergies reculait toutefois de 2,12% à 56,30 euros vers 11h30, accusant la plus forte baisse du CAC 40, en hausse de 0,62% au même moment. Les analystes de Bernstein et de Barclays ont évoqué dans des notes un résultat net ajusté trimestriel inférieur à leurs attentes.
RISQUE DE « SURTAXATION » ?
« Le fait qu’ils aient produit des chiffres excellents sur la période où les prix à la pompe explosaient peut les exposer à une surtaxation, voire les obliger à faire des remises à venir », a estimé un trader basé à Paris.
« Par ailleurs, je pense que le marché réagit négativement par rapport à l’exposition à Adani », a-t-il ajouté, alors que TotalEnergies détient des participations dans différentes entités du conglomérat indien.
TotalEnergies propose un dividende ordinaire de 2,81 euros par action au titre de 2022, en hausse de 6,4%, et a procédé en décembre au versement d’un dividende exceptionnel d’un euro par action.
Ses performances, « au-delà de leur indécence dans le contexte de crise énergétique, démontrent que l’exploitation des énergies fossiles reste le fonds de commerce de TotalEnergies, loin de ses tentatives de greenwashing », a estimé dans un communiqué Greenpeace France, qui réclame notamment « la fin de l’expansion des projets pétroliers et gaziers et « une taxe sur les superprofits ».
Les résultats 2022 du groupe ont cependant été freinés par près de 15 milliards de dollars de provisions liées à sa présence résiduelle en Russie, où il détient encore des participations dans le projet Arctic LNG 2 et dans la société gazière Novatek, ainsi que dans les actifs de Yamal LNG.
Le groupe a également dû enregistrer au titre de 2022 environ 1,7 milliard de dollars de taxes et contributions exceptionnelles, au Royaume-Uni, en Europe et en France notamment, liées à la flambée des prix de l’énergie.
TotalEnergies, qui anticipe une croissance de sa production d’hydrocarbures d’environ 2% à 2,5 Mb/j en 2023, a également confirmé son projet de scission de sa filiale TotalEnergies EP Canada, en l’introduisant à la Bourse de Toronto, et annoncé son intention d’exercer son option de monter à 100% du capital de sa filiale d’énergies renouvelables Total Eren, qu’il détient à hauteur de 30% environ.
(Reportage Benjamin Mallet et America Hernandez ; avec Blandine Hénault, édité par Nicolas Delame et Kate Entringer)
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