Séoul redit sa promesse d’investir aux Etats-Unis après des menaces de Trump
par Jihoon Lee et Kyu-seok Shim et Andrea Shalal
WASHINGTON/SEOUL, 27 janvier (Reuters) – La Corée du Sud a assuré mardi aux États-Unis qu’elle restait déterminée à mettre en œuvre leur accord commercial après que Donald Trump a annoncé une augmentation des droits de douane sur les automobiles et d’autres produits en provenance du pays, accusant Séoul de tarder à tenir ses engagements.
Le président américain a reproché lundi au Parlement sud-coréen de ne pas avoir encore approuvé l’accord de principe en vertu duquel Séoul s’est engagé à 350 milliards de dollars d’investissements aux Etats-Unis en échange d’un plafonnement à 15% des droits de douane américains sur les produits sud-coréens, notamment les automobiles.
Les annonces de Donald Trump, effectuées via les réseaux sociaux et qui ont pris Séoul au dépourvu, interviennent alors que le gouvernement sud-coréen tente de trouver un équilibre entre la préservation de son alliance avec Washington et les défis potentiels que représentent les exigences du locataire de la Maison blanche en matière de sécurité et de stabilité financière.
L’accord commercial de principe avait été conclu en juillet entre le président américain et son homologue sud-coréen Lee Jae-myung, malgré des inquiétudes relatives aux conséquences des investissements annoncés aux Etats-Unis pour la quatrième économie d’Asie.
« Le président Lee et moi-même avons conclu un grand accord pour nos deux pays le 30 juillet 2025 et nous avons réaffirmé ces conditions quand j’étais en Corée le 29 octobre 2025 », a écrit Donald Trump sur son réseau social Truth.
Soulignant que le Parlement sud-coréen n’avait pas encore approuvé l’accord, il a ajouté « relever par conséquent les droits de douane sur les automobiles, le bois d’oeuvre, les produits pharmaceutiques et tous les autres droits de douane réciproques de 15% à 25% ».
On ignore pour le moment quand la mesure devrait être effective.
Dans le cadre de l’accord de principe, la Corée du Sud s’est engagée à injecter 200 milliards de dollars aux Etats-Unis sous la forme de versements échelonnés plafonnés à 20 milliards par an afin de maintenir la stabilité du won.
FAIBLESSE DU WON
Le ministre sud-coréen des Finances a déclaré ce mois-ci à Reuters que le gouvernement prévoyait de mettre en oeuvre ce plan d’investissement dès que possible, tout en notant que le processus pourrait être affecté par l’incertitude entourant la décision de la Cour suprême des Etats-Unis à propos des droits de douane instaurés l’an dernier par Donald Trump.
Koo Yun-cheol a ajouté que ces investissements ne commenceraient vraisemblablement pas au premier au premier semestre 2026, citant la faiblesse du won sud-coréen, qui a chuté à ses plus bas niveaux depuis la crise financière mondiale de 2007 à 2009.
Selon une source au fait des discussions entre les deux pays, Donald Trump pourrait avoir été incité à agir par les récentes mesures réglementaires prises par Séoul à l’encontre de Coupang, une société de commerce en ligne cotée aux États-Unis, qui les qualifiées d’injustes et discriminatoires.
Washington et Séoul ont ouvert dans le cadre de leur accord commercial des discussions à propos de la régulation des firmes technologiques américaines en Corée du Sud.
La présidence sud-coréenne a déclaré qu’elle s’engageait à mettre en œuvre l’accord et qu’elle continuerait à prendre les mesures nécessaires pour le finaliser.
Le principal conseiller politique de Lee Jae-myung a convoqué une réunion d’urgence avec des responsables et le ministre de l’Industrie, actuellement au Canada, se rendra bientôt aux États-Unis pour rencontrer le secrétaire au commerce Howard Lutnick, a également indiqué Séoul.
Un haut représentant doit également se rendre à Washington pour rencontrer le représentant américain au Commerce Jamieson Greer.
La Maison blanche et le bureau de Jamieson Greer n’ont pas répondu à des demandes de commentaires.
Le Parti démocrate au pouvoir en Corée du Sud a déclaré que cinq projets de loi visant à mettre en œuvre les promesses d’investissement aux Etats-Unis étaient en attente d’un examen en commission et que, avec le soutien de l’opposition, le Parlement devrait être en mesure d’accélérer leur adoption, potentiellement en février.
« MANOEUVRE POLITIQUE »
Le message de Donald Trump peut être considéré comme une « manoeuvre politique avec laquelle les Etats-Unis exercent une pression maximale sur la Corée du Sud dans le but d’obtenir des concessions lors des négociations en cours sur les barrières non-tarifaires », a commenté Choi Seok-young, ancien négociateur sud-coréen sur le commerce.
Les exportations de la Corée du Sud ont atteint un record de 709,4 milliards de dollars en 2025, en hausse de 3,8% par rapport à 2024. Les expéditions à destination des États-Unis se sont élevées à 122,9 milliards de dollars, accusant une baisse de 3,8%, ce qui en fait néanmoins leur deuxième marché après la Chine.
Les automobiles ont représenté la plus grande part des exportations sud-coréennes à destination des Etats-Unis en 2025, soit 25% de celles-ci, avec un montant de 30,2 milliards de dollars (-13,2% par rapport à 2024).
Après l’accord conclu en juillet, les droits de douane sur les importations d’automobiles et de pièces détachées sud-coréennes aux Etats-Unis ont été ramenés de 25% à 15%, un taux entré en vigueur le 1er novembre.
L’augmentation des droits de douane affecterait particulièrement le constructeur automobile sud-coréen Hyundai Motor et sa filiale Kia. Les actions de Hyundai et de Kia ont clôturé en baisse de 0,81% et de 1,1% respectivement, après des chutes plus marquées en cours de séance.
Hyundai n’a pas répondu à une demande de commentaire.
General Motors, qui produit environ 500.000 véhicules par an en Corée du Sud et exporte la plupart d’entre eux aux États-Unis, n’a pas non plus fait de commentaires.
(Reportage Kanishka Singh, Andrea Shalal, Ismail Shakil, Bhargav Acharya, David Shepardson, Steve Holland, Joyce Lee, Jihoon Lee, Cynthia Kim, Heekyong Yang et Hyunjoo Jin, rédigé par Andrea Shalal et Jack Kim, version française Jean Terzian et Benjamin Mallet)
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