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Les prix de l’énergie se stabilisent après deux séances de fortes fluctuations

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LONDRES, 20 mars – Les prix de l’énergie se sont stabilisés vendredi après deux jours de fortes fluctuations provoquées par les attaques contre des installations énergétiques au Moyen-Orient, les principaux Etats européens et le Japon ayant proposé d’aider à garantir le passage en toute sécurité des navires dans le détroit d’Ormuz.

Le contrat à terme néerlandais sur le hub TTF, référence des prix du gaz pour l’Europe, évolue en légère baisse autour des 60 euros par mégawattheure (MWh) vers 13h13 GMT, après avoir atteint son plus haut niveau depuis janvier 2023 lors de ​la séance précédente.

Le marché pétrolier ‌connaît quant à lui une séance plutôt volatile, le Brent reculant de 0,54% à 108,06 ​dollars le baril et le brut léger ⁠américain (West Texas Intermediate, WTI) perdant 0,62% à 95,54 dollars.

Le Brent, référence du marché mondial, avait atteint la veille 119 dollars ‌le baril, proche du pic de ‌119,50 du 9 mars dernier.

Il a pris environ 48% depuis le début du conflit fin février, sa plus forte progression depuis septembre 1990, après l’invasion du Koweit par l’Irak. Sur la semaine, le Brent a pris environ 4,4%.

Le prix du gaz TTF néerlandais a quant à lui grimpé de plus de 90% en mars, et ​de 23% sur la semaine.

Les marchés de l’énergie ont connu de fortes fluctuations ces deux derniers jours, après que l’Iran a lancé des frappes aériennes contre des installations énergétiques des pays du Golfe en représailles à une attaque perpétrée mercredi contre South Pars, une importante installation gazière iranienne.

« EFFORTS APPROPRIÉS »

Les cours se sont toutefois tournés à la baisse plus tard dans la journée de jeudi, après que la Grande-Bretagne, la France, l’Allemagne, l’Italie, les Pays-Bas et le Japon ont dit dans une déclaration commune qu’ils pourraient contribuer à des « efforts appropriés » pour garantir la sécurité de la navigation dans ⁠le détroit d’Ormuz.

Cette voie de passage, qui relie le Golfe persique à l’océan Indien, est fermée de facto depuis le début de la guerre, l’Iran ayant menacé de tirer sur ⁠les navires qui oseraient l’emprunter.

Les principaux pays s’étaient jusqu’à présent opposés à toute opération militaire dans le détroit, par lequel transite 20% des approvisionnements mondiaux en pétrole, une position qui a irrité le président américain Donald Trump.

Soucieux d’endiguer la flambée des prix, le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a pour sa part déclaré jeudi que les États-Unis pourraient bientôt lever les sanctions pesant sur le pétrole iranien bloqué à bord de tankers, ajoutant qu’un nouveau déblocage de brut provenant de la réserve stratégique américaine était envisageable.

Le locataire de la Maison ⁠blanche a ‌par ailleurs affirmé avoir demandé à son homologue israélien Benjamin Netanyahu de ne pas attaquer des sites énergétiques iraniens, ajoutant que le ⁠Premier ministre israélien avait accepté.

Les frappes se sont toutefois poursuivies dans la région du Golfe, la compagnie pétrolière nationale du Koweït ​ayant déclaré vendredi que ​sa raffinerie de Mina Al-Ahmadi avait subi de multiples attaques de drones, provoquant l’incendie de certaines unités.

PRÉCÉDENT CRÉÉ

La perspective d’une période prolongée de prix élevés de l’énergie reste toutefois une ​source de grande préoccupation pour les marchés et les responsables politiques, qui s’interrogent non seulement sur la durée du conflit, mais aussi sur le temps qu’il faudra pour que les infrastructures touchées par les attaques dans une région clé pour l’approvisionnement ‌retrouvent leur fonctionnement normal.

Le PDG de QatarEnergy, ​la compagnie pétrolière nationale du Qatar, a dit jeudi à Reuters que 17% des capacités d’exportation du pays avaient été détruites et pourraient ne pas être de nouveau opérationnelles avant ​trois à cinq ans.

Le géant gazier public pourrait par ailleurs être contraint d’invoquer la force majeure pour les contrats à long terme conclus avec la Belgique, la Chine, l’Italie et la Corée du Sud, a-t-il averti.

« Ce qui importe désormais, ce n’est pas seulement le volume perdu, mais le précédent créé. Une fois que les infrastructures énergétiques critiques du Golfe seront considérées comme vulnérables, les acheteurs tiendront compte de ce risque dans leurs prix pendant plus longtemps que la durée de la panne initiale », a déclaré Jan-Eric Fahnrich, analyste senior en recherche sur le gaz et le GNL chez Rystad Energy.

Priyanka Sachdeva, analyste chez Phillip ⁠Nova, ajoute que les marchés resteront sensibles à la situation dans le détroit, même si des progrès étaient réalisés pour garantir la navigation.

« Le mal est fait, et même si l’on parvient d’une manière ou d’une autre à négocier un passage sûr pour les pétroliers dans le détroit d’Ormuz, le ​rétablissement complet de la chaîne logistique pourrait prendre énormément de temps », dit-elle.

(Nina Chestney, Anna Hirtenstein, Jeslyn Lerh ​et Helen Clark, version française Diana Mandia, édité par Augustin Turpin)

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