La Grande-Bretagne et Nissan négocient un accord de soutien à l’usine de Sunderland
par John Geddie, Maki Shiraki, Daniel Leussink et Alistair Smout
TOKYO/LONDRES, 18 juin (Reuters) – Le gouvernement britannique est en pourparlers avancés avec le constructeur automobile japonais Nissan en vue de lui apporter un soutien financier contre un engagement à long terme et d’investissements dans son usine de Sunderland, ont indiqué cinq sources proches des négociations.
Tout financement lui sera accordé en échange de la production de nouveaux modèles ou de nouvelles versions, et de la promesse de préserver les emplois dans la plus grande usine automobile du pays, ont précisé deux de ces sources. Ce soutien pourrait prendre la forme de subventions, d’allègements fiscaux ou d’aides, ont-elles ajouté, sans toutefois dévoiler les montants en jeu.
Nissan, premier constructeur automobile britannique, mène actuellement une restructuration mondiale de grande envergure qui comprend la vente ou la fermeture d’autres usines, la suppression de 15% de ses effectifs et la réduction de sa gamme de produits.
L’engagement de cette entreprise est attendu cet été, au même moment que la confirmation par le Royaume-Uni de ses projets d’assouplissement des règles obligeant les constructeurs automobiles à produire davantage de véhicules électriques.
Des représentants du gouvernement britannique et de Nissan se sont rencontrés le week-end dernier à Londres, en marge de la visite au Royaume-Uni de la Première ministre japonaise Sanae Takaichi, a indiqué une source anonyme.
Le groupe Nissan n’a pas souhaité commenter ces discussions, mais a déclaré dans une déclaration envoyée par courriel qu’il entretenait « une relation solide et collaborative avec le gouvernement britannique » et qu’il se réjouissait de poursuivre cette collaboration.
ASSOUPLISSEMENT DES RÈGLES SUR LES VE
La Grande-Bretagne consulte actuellement les constructeurs automobiles au sujet de projets visant à assouplir ses règles relatives aux véhicules zéro émission (ZEV), qui les obligent à atteindre certains objectifs de vente sous peine d’amendes, ont indiqué deux sources.
Selon la réglementation actuelle, les véhicules électriques (VE) doivent représenter 33% des ventes de voitures neuves des constructeurs au Royaume-Uni en 2026, même si ceux-ci peuvent recourir à des crédits et à des mesures de flexibilité pour se conformer à cette exigence.
Depuis le début de l’année, les VE ont représenté un peu moins de 24% des ventes de voitures neuves, ce qui est bien en deçà de l’objectif initial. D’ici 2030, ils devront représenter 80% des ventes, un objectif que l’industrie automobile souhaite voir ramené à 50%.
La révision par le Royaume-Uni de sa réglementation sur les ZEV intervient six mois après que l’Union européenne a proposé de renoncer à son interdiction des véhicules à carburant fossile prévue pour 2035, sous la pression des constructeurs automobiles qui estimaient qu’il s’agissait d’un objectif trop ambitieux.
Le Royaume-Uni fait également pression sur l’Union européenne pour être inclus dans la proposition « Made in EU » du bloc, qui fixe des exigences de contenu local pour les véhicules électriques.
Dans la continuité de ce plan de renforcement de son industrie de l’automobile, le gouvernement a déclaré jeudi dans un communiqué être « fermement décidé » à nationaliser British Steel, un important producteur d’acier, quelques semaines après avoir annoncé son intention de se doter de nouveaux pouvoirs lui permettant de le faire.
(Reportage John Geddie, Maki Shiraki et Daniel Leussink à Tokyo et Alistair Smout à Londres; version française Rihab Latrache, édité par Augustin Turpin)
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