La BCE va réduire en douceur les liquidités disponibles pour les banques
par Francesco Canepa
FRANCFORT (Reuters) – La Banque centrale européenne (BCE) souhaite réduire les liquidités disponibles pour les banques mais elle essaiera de le faire avec suffisamment de douceur pour ne pas perturber le système financier ou les prêts, comme l’a montré mercredi le résultat très attendu du réexamen du cadre opérationnel pour la mise en oeuvre de la politique monétaire.
Pendant près d’une décennie d’inflation trop faible, la BCE a inondé les banques de liquidités par le biais d’achats massifs d’obligations, dans le but de les encourager à prêter et de stimuler la croissance des prix.
Par conséquent, les banques n’avaient plus besoin d’emprunter les unes auprès des autres et le taux au jour le jour sur le marché interbancaire était aligné sur le taux payé par la banque centrale pour les dépôts.
Ce cadre opérationnel exceptionnellement généreux a été modifié après un examen débuté en décembre 2022 pour l’adapter à une nouvelle ère où l’inflation et les taux d’intérêt sont plus élevés et où les liquidités injectées dans le système se tarissent.
Dans le cadre du réexamen du cadre opérationnel, la BCE veut inciter davantage les banques à se prêter les unes aux autres, tout en mettant en place des filets de sécurité pour limiter le risque de tensions financières.
« Le cadre assurera que la mise en oeuvre de notre politique monétaire reste efficace, solide, flexible et efficiente, à l’avenir, à mesure que notre bilan se normalise », a déclaré Christine Lagarde, présidente de la BCE, dans un communiqué.
La banque centrale des 20 pays qui partagent l’euro a déclaré qu’elle s’efforcerait de maintenir les taux à court terme du marché monétaire « à des niveaux proches » de son taux de dépôt, qui est actuellement de 4%.
Mais plutôt que d’injecter à elle seule des liquidités dans le système, la BCE s’appuiera davantage sur les banques qui se prêteront les unes aux autres à mesure que les obligations qu’elle a achetées arriveront à échéance et que l’excédent de liquidités quittera le système bancaire.
Les banques pourront toujours demander à la BCE autant de liquidités qu’elles le souhaitent, assorties de garanties, lors de ses opérations principales de refinancement hebdomadaires et de ses adjudications à 90 jours.
Afin de réduire la pénalité financière et la stigmatisation des emprunteurs qui s’adressent à la banque centrale, le taux de ces adjudications, actuellement de 4,50%, sera abaissé afin de réduire l’écart entre ce taux et le taux de la facilité de dépôt de la BCE à 15 points de base, contre 50 actuellement.
La BCE prévoit également de lancer des opérations de refinancement à plus long terme et des opérations d’achat d’obligations lorsqu’elle constatera que son bilan a recommencé à croître grâce aux emprunts des banques.
« Ces opérations apporteront une contribution substantielle en vue de couvrir les besoins structurels de liquidité du secteur bancaire découlant des facteurs autonomes et de la constitution des réserves obligatoires », a déclaré la BCE.
Il est probable que les futurs achats d’obligations se concentreront sur les obligations à plus courte échéance, plutôt que sur la quasi-totalité des obligations du marché, comme c’est le cas pour les programmes de relance de la BCE.
La BCE prévoit de revoir les principaux paramètres du nouveau cadre en 2026, ou plus tôt si nécessaire.
(Reportage Francesco Canepa ; version française Diana Mandiá, édité par Blandine Hénault)
Le Journal Chrétien est un média indépendant financé par des chrétiens comme vous, en accès libre, sans subventions ni publicité. La générosité de la communauté chrétienne garantit notre indépendance.
Aujourd’hui, une poignée de chrétiens rendent possible une information indépendante accessible gratuitement à des millions de personnes sur nos sites, nos applications et notre chaîne de télévision chrétienne.
Chaque article, chaque émission, chaque reportage, chaque enquête existe uniquement grâce à votre générosité. C’est ce qui nous permet de répondre à l’immense soif spirituelle de nos contemporains et ce, avec une exigence de qualité journalistique reconnue, et de donner la parole à ceux qu’on n’entend jamais ailleurs.
Mais aujourd’hui, nous arrivons à un moment décisif. Partout, les médias indépendants sont fragilisés, attaqués, précarisés. Pendant que quelques grandes fortunes verrouillent toujours davantage le paysage médiatique, les médias chrétiens et tous ceux qui refusent de se soumettre sont maintenus sous pression permanente.
Le Journal Chrétien et sa chaîne Chrétiens TV, diffusée sur le canal 246 de la Freebox, n’échappent pas à cette réalité. Oui, nos médias chrétiens pourraient disparaître si nous ne parvenons pas à toucher de nouveaux donateurs dans les prochains mois.
Je soutiens le Journal Chrétien !
Au moment où les milliardaires étendent leur emprise sur l’information, nous pensons au contraire qu’il faut plus de travail de terrain, plus de reportages, plus d’enquêtes, plus de pluralisme, plus de médias chrétiens capables de résister aux pressions religieuses, politiques et économiques. C’est pour cela que nous lançons un appel à la communauté chrétienne.
La question est simple : voulons-nous laisser mourir les médias chrétiens et laisser la presse ainsi que la télévision aux mains des grands groupes privés ?
Si vous lisez les articles du Journal Chrétien, regardez nos émissions sur Chrétiens TV, partagez nos contenus dans les réseaux sociaux ou pensez qu’une autre voix doit continuer d’exister dans le débat public, alors c’est maintenant qu’il faut agir.



