La BCE doit se préparer à de nouvelles crises, y compris à une agression russe, déclare Simkus
par Balazs Koranyi et Francesco Canepa
FRANCFORT, 27 janvier (Reuters) – La politique de la Banque centrale européenne (BCE) est la bonne pour la situation actuelle et l’économie s’est bien adaptée à la volatilité, mais elle doit se préparer à de nouvelles crises, y compris une « agression » militaire russe, a déclaré Gediminas Simkus, membre du Conseil des gouverneurs de l’institut de Francfort, dans une interview accordée à Reuters.
La BCE est devenue en 2025 la seule grande banque centrale à atteindre son objectif d’inflation, malgré les droits de douane américains, la guerre en Ukraine, l’afflux de produits chinois et la hausse des prix des denrées alimentaires qui ont maintenu l’incertitude à un niveau exceptionnellement élevé.
Selon Gediminas Simkus, les turbulences politiques, qui ont commencé avec la pandémie de COVID-19 en 2020 et se sont poursuivies avec l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022, vont probablement persister et pourraient facilement perturber la « bonne situation » de la BCE, c’est-à-dire l’inflation évoluant autour de sa cible, la croissance à son potentiel et les taux d’intérêt au niveau neutre.
« Nous parlons beaucoup des États-Unis, mais leurs politiques nous concernent surtout sur le plan commercial », souligne celui qui est également le gouverneur de la banque centrale lituanienne.
« Nous avons des voisins à l’est et le risque est d’une nature différente : il s’agit d’une menace d’agression militaire », a-t-il dit.
La Lituanie et les deux autres républiques baltes, l’Estonie et la Lettonie, expriment depuis longtemps leurs craintes face à une éventuelle agression russe, citant des cyberattaques, des campagnes de désinformation et des incursions de drones et d’avions de combat.
Gediminas Simkus souligne que la BCE doit s’assurer que les systèmes de distribution d’argent et de paiement soient résistants à ce type de risque et que la politique monétaire soit suffisamment flexible.
« Il est évident que si l’on est confronté à un risque militaire accru, l’argent liquide est quelque chose que les gens peuvent chercher à obtenir, et il faut être très efficace », a-t-il déclaré.
Parmi les autres risques, il dit que la BCE devrait s’assurer que les banques sont prêtes à faire face au changement climatique.
CHANCES ÉGALES
À court terme, la tâche de la BCE est simple, affirme-t-il, et la politique restera en suspens lors de la prochaine réunion des 4 et 5 février, les légères fluctuations de l’inflation autour de 2% étant normales.
Il prévient toutefois qu’il y a peu de certitudes au-delà.
« Je suis convaincu qu’il y a autant de chances que notre prochaine décision, quelle qu’elle soit, soit une hausse ou une baisse des taux », a-t-il déclaré, contredisant implicitement les commentaires précédents d’Isabel Schnabel, également membre du Conseil des gouverneurs de la BCE, qui avait plaidé en faveur d’une éventuelle hausse des taux d’intérêt à l’avenir.
Les marchés financiers ne prévoient aucune modification des taux d’intérêt cette année, mais anticipent quelques hausses en 2027, en partant du principe que les dépenses de l’Allemagne relanceront l’activité économique et que sa croissance stimulera le reste de la zone euro.
Gediminas Simkus repousse toutefois l’idée de donner des signaux au-delà de l’avenir immédiat.
« La leçon du passé est que nous ne pouvons pas nous engager sur une voie politique ou faire une promesse…Nous devons être ouverts et accepter que l’environnement est volatile et que des chocs sont à venir », a-t-il déclaré.
REPÉRER LES TENDANCES
La volatilité peut inciter la BCE à agir rapidement, mais la réalité est que l’économie est moins réactive aux chocs et que les prévisionnistes surestiment souvent les menaces.
« L’essentiel est de ne pas réagir de manière excessive à chaque changement de données. Nous devons repérer les tendances et les principales forces qui façonnent l’économie », a défendu Gediminas Simkus.
À l’ère des tensions commerciales, les droits de douane semblent avoir un impact indirect moindre sur l’inflation, affectant d’abord la croissance et transformant l’économie plus lentement.
« Je suivrai de près l’activité économique pour déterminer si nous devons changer de cap », a-t-il dit. « Ces chocs ont un impact plus immédiat sur la croissance, tandis que l’effet sur l’inflation prend du temps ».
(Reportage Balazs Koranyi et Francesco Canepa ; version française Diana Mandia, édité par Sophie Louet)
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Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
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3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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