La Banque du Japon maintiendrait son contrôle de la courbe des taux, selon des sources
La Banque du Japon pourrait maintenir inchangée sa politique de contrôle de la courbe des taux lors de sa réunion de la semaine prochaine, selon cinq sources au fait de ses réflexions, les membres du conseil des gouverneurs de la banque centrale préférant s’assurer que les salaires et l’inflation continuent à augmenter.
Mais il n’y a pas de consensus au sein de la banque centrale sur la date à partir de laquelle les mesures de soutien prendraient fin, ce qui rend incertaine la décision de la semaine prochaine.
L’inflation ayant dépassé l’objectif de la BOJ depuis plus d’un an, les marchés spéculent sur le fait que la banque centrale pourrait modifier sa politique de contrôle de la courbe (PCC) dès la réunion des 27 et 28 juillet.
Certains acteurs de marché parient sur un élargissement de la bande de rendement cible, afin de mettre fin aux distorsions du marché causées par ses achats massifs d’obligations.
Avec le rendement à 10 ans évoluant sous le rendement cible de 0,5%, de nombreux membres de la BOJ ne voient pas de raisons de prendre de nouvelles mesures contre les effets secondaires de la PCC, ont déclaré les sources.
Les décideurs estiment que la BOJ peut se permettre d’attendre davantage de clarté sur la trajectoire de l’économie mondiale, tout en permettant aux entreprises japonaises d’engranger suffisamment de bénéfices pour continuer à augmenter les salaires l’année prochaine, ont-ils dit.
Malgré la volatilité des souverains et du yen, il est probable que la BOJ ne modifie pas sa politique monétaire la semaine prochaine, ont ajouté les sources.
« L’inflation accélère plus que prévu, mais la question est de savoir si cette hausse est durable, ce qui dépendra en grande partie des bénéfices des entreprises et des perspectives salariales pour l’année prochaine », a déclaré l’une des sources.
« La PCC doit prendre fin à un moment ou à un autre, mais le moment n’est probablement pas venu », a déclaré une autre source.
« Il y a des signes de changement de la mentalité déflationniste du Japon, mais il s’agit encore d’un sentiment plutôt que de quelque chose de substantiel ».
Même si la BOJ devait procéder à des ajustements, il s’agirait probablement d’une mise au point mineure pour rendre la PCC plus viable, a déclaré une troisième source.
LES PERSPECTIVES D’INFLATION RESTENT INCHANGÉES
Dans les nouvelles projections trimestrielles attendues après la réunion, la banque centrale est susceptible de réviser à la hausse ses prévisions d’inflation sous-jacente pour l’année qui a commencé en avril, selon les sources.
Mais les prévisions pour les exercices 2024 et 2025 devraient rester pratiquement inchangées par rapport aux projections actuelles, ont-elles déclaré.
Selon les prévisions actuelles faites en avril, la BOJ s’attend à ce que l’inflation sous-jacente atteigne 1,8% cette année fiscale et accélère à 2,0% l’année prochaine, avant de ralentir à 1,6% en 2025.
L’inflation « coeur coeur », qui exclut les prix volatiles des aliments frais et de l’énergie, atteindrait 2,5% cette année, 1,7% l’année suivante et 1,8% en 2025, selon les projections d’avril de la BOJ.
Dans le cadre de la PCC, la BOJ fixe les taux d’intérêt à court terme à -0,1% et le rendement des obligations à 10 ans à environ 0%.
Le rendement peut toutefois fluctuer autour du rendement cible, une fourchette élargie en décembre à 50 points de base.
Modifier ou non la bande de rendement dépendrait du rapport coût/avantage de la PCC, selon les sources.
« Nous nous attendons à ce que la BOJ maintienne inchangés les principaux leviers de sa politique monétaire la semaine prochaine », a déclaré Stefan Angrick, économiste en chef chez Moody’s Analytics.
« Indépendamment du fait que la BOJ ajuste ou non sa PCC, une hausse des taux reste éloignée. »
Plus des trois quarts des économistes interrogés par Reuters ont déclaré qu’ils s’attendaient à ce que la BOJ maintienne sa politique monétaire inchangée, y compris sa PCC, la semaine prochaine.
(Reportage Leika Kihara, Takahiko Wada, version française Corentin Chappron, édité par Kate Entringer)
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