En Asie, la guerre en Iran offre un échappatoire au plastique
par Minwoo Park et Kaori Kaneko et John Geddie
SÉOUL/TOKYO, 15 avril (Reuters) – Comme le conflit au Moyen-Orient perturbe l’approvisionnement mondial en produits pétroliers et fait de ce fait grimper les prix du plastique, des fabricants d’emballages alternatifs, plus écologiques, tirent profit de cette situation en Asie, permettant aux clients de se passer de ce dérivé du pétrole.
Les prix du plastique ont atteint des niveaux inédits depuis environ quatre ans, la guerre déclenchée le 28 février par les Etats-Unis et Israël contre l’Iran ayant bouleversé les flux des matières premières nécessaires à la conception du plastique, soit le pétrole et les produits pétrochimiques.
Yonwoo, un fabricant sud-coréen d’emballages cosmétiques qui fournit notamment le groupe français L’Oréal, indique que la situation au Moyen-Orient a occasionné un triplement de la demande de renseignement au sujet de sa gamme dite écologique, à base de papier.
« L’intérêt est d’abord venu d’entreprises soucieuses de durabilité (…) mais si la crise du plastique se prolonge, nous nous attendons à ce que la demande augmente encore », a déclaré à Reuters Kim Min-sang, cadre supérieur chez Kolmar Korea, la société mère de Yonwoo.
Les grossistes de la région ont de leur côté mis en garde contre d’éventuelles pénuries de barquettes et de sacs en plastique, a déclaré Kensuke Takahashi, chef de produit pour le supermarché Marutake à Saitama, près de Tokyo.
« Nous devons maintenant réfléchir à la manière de vendre nos produits si les barquettes ne sont plus du tout fournies », a déclaré Kensuke Takahashi. « Je suis très inquiet. Nous ne savons vraiment pas ce qui va se passer. »
Les fabricants japonais de sacs en plastique et de film alimentaire, Mitsubishi Chemical et Sanipak, ont annoncé qu’ils augmenteraient les prix d’environ 30% dans les semaines à venir pour certains produits, le conflit faisant grimper les coûts des matières premières.
Alors que les prix du plastique s’envolent, plusieurs clients américains du groupe taïwanais Lastic, qui fabrique des matériaux biodégradables à base de bambou, ont demandé de nouveaux devis.
« Ce n’est pas que j’aime voir le bon côté de la guerre, mais (…) si on ne peut pas la contrôler, il faut trouver le côté positif », a déclaré Luke Anderson, responsable senior du développement.
L’Asie est non seulement fortement dépendante des matières premières importées du Moyen-Orient, mais elle est aussi une grande consommatrice de plastique.
Selon les données de l’OCDE, la Chine, le Japon, la Corée du Sud et l’Asie du Sud-Est ont ensemble absorbe près d’un tiers de la production mondiale de plastique en 2022, soit une augmentation de 900% depuis 1990.
Certaines entreprises s’adaptent à de nouvelles alternatives. En Malaisie, le producteur laitier Farm Fresh a déclaré avoir temporairement opté pour des briques de lait en papier en raison des perturbations dans l’approvisionnement en plastique.
La sortie du plastique s’avère toutefois plus compliqué dans l’immédiat pour d’autres entreprises, comme le fabriquant d’emballage pour masques faciaux sud-coréen Gaone International.
L’expérimentation de nouveaux matériaux prendrait du temps, l’entreprise a donc réduit sa production quotidienne de 10 à 20% tout en recherchant de nouveaux fournisseurs.
« J’espère que les choses reviendront à la normale dès que possible », a déclaré Han Kyung-hun, responsable de l’équipe commerciale, tout en précisant que la reprise pourrait prendre plusieurs mois, même si la guerre prenait fin immédiatement.
Cette perturbation de l’approvisionnement mondial en plastique intervient alors que les négociations en vue d’un traité mondial visant à lutter contre la pollution plastique ont achoppé l’année dernière après que les États-Unis et les pays producteurs de plastique se sont opposés à une initiative de l’Union européenne visant à plafonner la production de plastique.
(Rédigé par Yunji Ha, Minwoo Park et Brenda Goh à Séoul, Kaori Kaneko, Hina Suzuki et John Geddie à Tokyo et Mandy Leong à Kuala Lumpur ; version française Coralie Lamarque, édité par Benoit Van Overstraeten)
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
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2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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