EDF revoit encore à la hausse l’impact de son manque de production
PARIS (Reuters) – EDF a annoncé jeudi avoir une nouvelle fois revu à la hausse l’impact de la baisse de sa production nucléaire en France sur ses comptes, désormais estimé à 32 milliards d’euros pour l’exercice 2022.
L’électricien public, en voie de renationalisation complète, avait déjà réévalué en septembre à -29 milliards d’euros cet impact sur son bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciations et amortissements (Ebitda) annuel.
Confronté à des opérations de maintenance et des problèmes de corrosion qui plombent la disponibilité de ses centrales, EDF a précisé dans un communiqué que sa nouvelle estimation reposait sur une production nucléaire en France pour 2022 dans le bas de sa fourchette de prévision de 280 à 300 térawatts-heure (TWh) et sur les prix à terme au 7 octobre.
Il a également indiqué que les réparations liées au problèmes de corrosion étaient terminées sur les circuits de six réacteurs et qu’elles étaient en cours dans quatre autres, tandis que des contrôles sont réalisés sur cinq unités. L’impact des grèves survenues en octobre dans certaines centrales est par ailleurs « à l’étude ».
EDF a dans le même temps publié jeudi un chiffre d’affaires en croissance organique de 77% à fin septembre, à 101,5 milliards d’euros, soutenu par le bond des prix de marché de l’électricité et du gaz, malgré une baisse de 59 TWh de sa production nucléaire en France sur neuf mois.
Le groupe a en outre annoncé jeudi le dépôt d’un « recours indemnitaire » devant le Tribunal administratif de Paris afin d’obtenir la réparation intégrale d’un préjudice lié à la décision du gouvernement de l’obliger à céder davantage de nucléaire à bas prix à ses concurrents, pour limiter la hausse des tarifs de l’électricité, dans le cadre du dispositif de l’Arenh.
Ce recours fait suite à une autre, auprès du Conseil d’Etat. EDF estime son préjudice à 8,34 milliards d’euros.
Le gouvernement souhaite par ailleurs que Luc Rémont, nouveau PDG désigné d’EDF dont la nomination a été validée mercredi par le Parlement, prenne ses fonctions mi-novembre, a déclaré jeudi le ministre de l’Economie et des Finances, Bruno Le Maire.
(Reportage Benjamin Mallet ; édité par Nicolas Delame)
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