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SANTE PUBLIQUE : L’AFEC tire la sonnette d’alarme sur les maladies chroniques

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« Il vaut mieux prévenir que guérir ». C’est fort de cette conviction que l’Association des Femmes Engagées pour Christ (AFEC) a organisé, le 1er mai 2026 à l’Église Évangélique SIM de Goudrin à Ouagadougou, une journée de sensibilisation dénommée « Prévention et Bien-être pour tous ». L’initiative a mobilisé fidèles, professionnels de santé et partenaires autour des enjeux liés au diabète, à l’hypertension artérielle et aux maladies cardiovasculaires.

Dans son mot de bienvenue, la présidente communale de l’AFEC a d’abord adressé ses vœux aux travailleurs, implorant la bénédiction divine sur l’œuvre de leurs mains. Elle a ensuite situé les enjeux de la rencontre en rappelant le lien étroit entre la santé du corps et celle de l’âme selon les Écritures : « notre corps est le temple du Saint-Esprit » (1 Corinthiens 6 :19). Elle a insisté sur la nécessité d’anticiper les maladies chroniques qui, selon elle, « sont souvent silencieuses mais aux conséquences lourdes, voire fatales ». D’où l’importance de la prévention, considérée comme une priorité par l’organisation

Mme Lankoandé Agathe a, par ailleurs, salué l’accompagnement du parrain de l’activité, Joël Dayamba, ainsi que l’engagement des conférenciers, le Dr Zoungrana Alexandre Lassané et le Dr Kaboré Emmanuel, venus partager leur expertise au service de la communauté.

Les risques de l’hypertension artérielle

Prenant la parole en premier, le Dr Kaboré a développé les risques et les mécanismes de l’hypertension artérielle, une pathologie souvent qualifiée de « tueur silencieux ». Il a énuméré plusieurs signes d’alerte, notamment les vertiges, les palpitations, les maux de tête persistants ou encore les saignements de nez.

Il a rappelé qu’une tension artérielle égale ou supérieure à 14/9 constitue un seuil critique nécessitant une surveillance médicale. Chez la femme enceinte, il a attiré l’attention sur des complications graves telles que la prééclampsie et l’éclampsie.

Le praticien a également détaillé les conséquences possibles d’une hypertension non contrôlée : accident vasculaire cérébral (AVC), infarctus du myocarde, insuffisance cardiaque, insuffisance rénale ou encore troubles de la vision. « La complication la plus grave reste la mort », a-t-il averti.

Au-delà du diagnostic, le Dr Kaboré a insisté sur les mesures préventives, notamment l’adoption d’une alimentation saine et équilibrée. Il a particulièrement dénoncé la consommation excessive de sel et de bouillons culinaires industriels, largement utilisés dans les ménages.

Il a recommandé de privilégier les fruits, les légumes, le poisson et les viandes maigres, tout en encourageant la pratique régulière d’une activité physique, à raison d’au moins 30 minutes par jour, cinq jours par semaine.

Le diabète, un fléau silencieux qui n’épargne personne

Balayant une idée tenace, le Dr Zoungrana a d’entrée de jeu déconstruit la perception du diabète comme une « maladie des riches ». « Le diabète ne connaît ni richesse, ni pauvreté, ni âge, ni sexe. Il concerne tout le monde », a-t-il martelé.

Chiffres à l’appui, le spécialiste a rappelé l’ampleur de la menace, s’appuyant sur les données de l’Organisation mondiale de la santé. Dans le monde, une personne succombe au diabète toutes les neuf secondes, une mortalité qui dépasse celle du VIH, de la tuberculose et du paludisme réunis. Le nombre de personnes vivant avec la maladie est passé de 151 millions en 2000 à près de 600 millions en 2026, et pourrait atteindre 900 millions d’ici 2045. Au Burkina Faso, environ 7 % de la population est touchée.

Quatre formes principales de diabète ont été présentées : le diabète de type 1, qui touche les plus jeunes et impose un traitement à vie ; le diabète de type 2, le plus répandu, fortement lié aux modes de vie ; le diabète gestationnel ; et celui associé à l’usage de produits éclaircissants de la peau.

Le message clé reste la prévention. Fatigue persistante, soif intense, urines fréquentes ou perte de poids doivent alerter. Faute de prise en charge, la maladie peut entraîner des complications graves affectant les yeux, les reins, les nerfs ou le cœur. En revanche, un dépistage précoce et une hygiène de vie adaptée permettent d’en limiter les effets.

Les échanges avec le public ont permis d’éclairer plusieurs préoccupations, notamment le rôle de l’hérédité et les liens entre diabète et troubles de la tension artérielle. Une convergence s’est dégagée : la lutte contre le diabète passe par un changement de comportements. Réduction du sel, abandon des bouillons industriels, consommation de fruits et légumes et pratique régulière d’une activité physique ont été fortement recommandées.

Un appel appuyé a enfin été lancé aux familles, invitées à revoir des habitudes alimentaires souvent trop riches en produits transformés.

Parrain, Église et participants saluent une initiative salutaire

Le parrain de la cérémonie, Joël Dayamba, a salué une initiative qui « répond à un véritable problème de santé publique » Il a encouragé l’AFEC à inscrire cette activité dans la durée afin de renforcer son impact sur les populations.

Le parrain Joël Dayamba a appelé à la pérennisation de l’activité 

Même son de cloche du côté de la représentation de l’Église hôte. Tchiadjoa Yonli, représentant du conseil de l’Église évangélique SIM de Goudrin, a salué l’initiative et encouragé sa tenue régulière. Selon lui, ces cadres permettent aux fidèles de mieux suivre leur état de santé et d’adopter des comportements préventifs.

Plusieurs participants ont partagé leur satisfaction à l’issue de la rencontre.

Mme YONLI Rosine a confié : « Nous pensions connaître certaines choses, mais aujourd’hui nous avons beaucoup appris. Nous sommes désormais mieux outillées. Il nous reste à passer à la pratique. »

Mme Dayamba Aimée a, quant à elle, souhaité l’élargissement de l’initiative au niveau national, saluant une activité « très bénéfique pour les femmes et les familles ».

Du côté des hommes, M. Lompo Mambagri a salué l’impact familial de l’initiative : « Ce que fait l’AFEC, ce n’est pas seulement pour les femmes, mais pour toute la famille. »

Une séance d’aérobic pour joindre la pratique à la théorie

 

La journée s’est achevée par une séance d’aérobic, illustrant concrètement l’importance de l’activité physique dans la prévention des maladies chroniques. Dans une ambiance conviviale, les participants ont pris part à cet exercice, traduisant en actes les conseils reçus.

Pour le Journal Chrétien,

Emmanuel LANKOANDE

 

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