VIE CHRÉTIENNE : La prière alignée sur Dieu, clé d’une vie chrétienne victorieuse
« Comment prier ? » Cette interrogation, qui traverse de génération en génération la vie des croyants, demeure une préoccupation essentielle pour tout chrétien désireux d’entretenir une véritable relation avec Dieu. C’est autour de cette réflexion que les fidèles de l’Église Évangélique SIM Goudrin de Ouagadougou ont été édifiés le dimanche 21 juin dernier à travers un message d’exhortation livré par l’Ancien Ahandi Thiombiano, basé sur l’histoire biblique d’Anne, mère du prophète Samuel. Le serviteur de Dieu a invité les fidèles à abandonner les prières égoïstes et la course aux intermédiaires afin de retrouver une relation authentique, sincère et personnelle avec le Seigneur. Texte biblique : 1 Samuel chapitre 1
L’Ancien Ahandi a débuté son message par un hommage au courage des chrétiens. « Ce n’est pas parce que nous avons forcément des résultats que nous sommes vaillants, mais parce que nous gardons le cœur courageux », a-t-il déclaré. Il a rappelé une réalité commune à tout croyant : celle des requêtes qui n’ont pas encore trouvé leur accomplissement. Malgré les épreuves et les silences apparents de Dieu, le chrétien persévère, glorifiant son Seigneur dans l’attente d’une réponse au temps opportun. Cependant, cette persévérance doit s’accompagner d’une interrogation intérieure sincère. « Et si je priais mal ? Et si ma requête était mal fondée ? », s’est interrogé le prédicateur. Pour lui, la difficulté réside souvent dans l’égoïsme qui peut s’inviter dans les prières.

L’égoïsme, le grand fléau de nos prières
« Dans beaucoup de nos requêtes, nous voulons ce que nous voulons pour nous-mêmes. Il manque l’intérêt de Dieu. » Ce constat de l’Ancien Ahandi constitue le fil conducteur de son message. Il compare la prière chrétienne à une affaire : lorsque Dieu en est le véritable associé, elle porte du fruit ; mais lorsque les motivations du croyant s’opposent à la volonté divine, la démarche perd son sens.
Le prédicateur a dénoncé la superficialité de certaines demandes à travers un exemple : « Si tu vas prier en disant : « Je veux une plus grosse cylindrée pour faire comme le pasteur Bernard », où est la part de Dieu là-dedans ? » Pour lui, ce type de prière, nourri par l’orgueil et la comparaison, s’éloigne de l’esprit véritable de la prière. Dieu n’est pas une machine à exaucer des désirs personnels, mais un Père qui appelle ses enfants à aligner leur cœur sur sa volonté.
L’exemple d’Anne : une prière de cœur et de consécration
Pour illustrer son enseignement, l’Ancien Ahandi s’est appuyé sur l’histoire d’Anne, une femme confrontée à une profonde souffrance et aux humiliations de sa rivale Péninna. Plutôt que de répondre aux provocations ou de chercher à se venger, Anne s’est tournée vers Dieu dans une prière profonde. « Elle ne s’est pas battue contre Péninna, elle savait que la fertilité vient de Dieu », a souligné le prédicateur. Selon lui, l’exemple d’Anne révèle trois grandes leçons sur la prière.
D’abord, Anne a choisi d’affronter son épreuve dans la présence de Dieu. « Elle est allée devant Dieu avec son chagrin. Elle a affronté son problème elle-même », a expliqué l’Ancien Ahandi.
Ensuite, sa prière n’était pas motivée par un désir égoïste. Elle ne demandait pas un enfant pour prendre sa revanche sur sa rivale, mais avec le désir de consacrer ce don à Dieu. « Elle s’associe à Dieu. L’intérêt d’Anne devient l’intérêt de l’Éternel », a-t-il déclaré, avant d’ajouter : « Comment cela pourrait-il ne pas s’exaucer ? »
Enfin, sa prière était une démarche intime et personnelle. Elle ne cherchait pas à attirer l’attention des autres, mais à exprimer son cœur devant Dieu dans le secret.

Le « charlatanisme » de certains prophètes
Abordant certaines pratiques contemporaines autour de la prière, l’Ancien Ahandi a fustigé ce qu’il qualifie de « charlatanisme » chez certains prophètes et apôtres autoproclamés qui, selon lui, détournent les fidèles de l’essentiel. « Ils essayent de te faire croire que c’est ta sœur qui t’a fait ça, et te disent de faire tomber ton frère. Mais ce n’est pas ça mon problème ! », a-t-il déploré. Il a attiré l’attention des fidèles sur trois pratiques qu’il considère comme des obstacles à une vie de prière authentique :
La course aux intermédiaires : L’Ancien Ahandi a regretté que certains chrétiens accordent plus d’importance aux hommes qu’à la recherche personnelle de Dieu. « Aujourd’hui, le monde chrétien copie le monde. On va chez tel prophète, tel apôtre. Beaucoup d’entre vous ne lisent pas la Bible, mais courent après des hommes », a-t-il déploré.
La recherche de solutions extérieures au lieu de la responsabilité personnelle : Il a également critiqué la tendance à rechercher des interventions particulières pour des situations qui peuvent être réglées par le dialogue, l’humilité et la repentance. « Ma sœur, si tu as un problème avec ton mari, va lui demander pardon à la maison. Tu n’as pas besoin d’aller voir un prophète pour ça », a-t-il conseillé.
La mise en scène de la piété : Enfin, il a rappelé que la prière et le jeûne doivent rester des actes sincères entre le croyant et Dieu, et non un moyen de se faire remarquer. « Quand tu pries, entre dans ta chambre, ferme ta porte. Ne fais pas de ta prière une publicité », a-t-il insisté.

Retourner à l’essentiel
L’Ancien Ahandi a tenu à préciser que son message ne remet pas en cause la prière en groupe ni l’accompagnement spirituel, mais plutôt la croyance selon laquelle seuls certains « grands » prophètes ou hommes de Dieu peuvent obtenir l’exaucement des prières. « Pourquoi vos prières ne sont-elles pas exaucées ? Peut-être qu’elles sont mal formulées ou que votre démarche n’est pas la bonne », a-t-il déclaré.
Il a appelé les fidèles à retrouver une relation simple, sincère et personnelle avec Dieu, sans chercher à impressionner ni à multiplier les intermédiaires. Selon lui, il n’est pas nécessaire de parcourir de longues distances, de dépenser de grandes sommes ou d’exposer sa spiritualité pour toucher le cœur de Dieu. « Créez vous-même votre vie intime avec votre Dieu. Concentrez-vous sur l’essentiel », a-t-il exhorté.
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Emmanuel LANKOANDE
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