Les agences française et allemande mettent en garde contre le risque croissant de cyberattaques
PARIS (Reuters) – Le risque d’attaques informatiques augmente rapidement en France et en Allemagne et le manque de sensibilisation à cette menace constitue une faiblesse que les pirates sont prêts à exploiter dans le contexte de la pandémie de coronavirus, ont averti jeudi les agences française et allemande de sécurité.
Dans un rapport baptisé « Common Situational Picture », l’Agence nationale de sécurité des systèmes d’information (Anssi) et son homologue allemande le Bundesamt für Sicherheit in der Informationstechnik (BSI) soulignent que, dans la continuité d’une trajectoire initiée en 2019, le nombre de cyberattaques a explosé dans les deux pays.
Les deux agences relèvent par exemple que le nombre de victimes a été multiplié par quatre en un an.
« Cela est particulièrement préoccupant, notamment dans un contexte où toute cyberattaque est susceptible d’avoir un impact exacerbé du fait de la crise sanitaire », écrivent les deux agences dans un communiqué.
L’Anssi et le BSI proposent de sensibiliser davantage les entreprises et les organisations aux risques de cyberattaque, de renforcer les systèmes d’information, d’accroître le nombre d’experts en cybersécurité, notamment dans le contexte de la généralisation du télétravail.
« Les campagnes d’attaques, qui ont touchées la France et l’Allemagne en 2020, ont perturbé de nombreuses activités et causé des pertes financières importantes », notent les deux agences.
« L’Anssi et le BSI sont particulièrement vigilants face à toute cyberattaque qui pourrait affecter les systèmes de santé français et allemands ou les chaînes d’approvisionnement », ajoutent les deux agences, précisant que leur ciblage représente aujourd’hui une menace majeure.
Parmi les cibles les plus visées par les pirates figurent notamment les hôpitaux, les fabricants de vaccins et leurs chaînes d’approvisionnement, indiquent les deux agences.
Le laboratoire américain Pfizer et son partenaire allemand BioNTech ont annoncé la semaine dernière que des documents liés au développement de leur vaccin contre le COVID-19 avaient été « illégalement consultés » lors d’une attaque informatique contre l’Agence européenne du médicament (EMA).
(Claude Chendjou, édité par Jean-Michel Bélot)
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