Biélorussie: Des manifestants disent avoir été frappés en prison
MINSK (Reuters) – Plusieurs manifestants d’opposition libérés d’un centre de détention de Minsk, la capitale de la Biélorussie, ont déclaré jeudi avoir été frappés, incarcérés dans des cellules bondées et sous-alimentés.
Une partie des opposants arrêtés ces derniers jours ont été libérés du centre d’Okrestina, alors que l’Union européenne envisage des sanctions contre les autorités biélorusses face à la répression des manifestations qui ont suivi l’élection présidentielle de dimanche, remportée officiellement par le sortant Alexandre Loukachenko mais soupçonnée d’avoir été truquée.
L’un de ces ex-détenus, Sergueï, a raconté que 28 personnes étaient enfermées dans une cellule prévue pour cinq. Les prisonniers dormaient à tour de rôle, a-t-il expliqué, et ne recevaient qu’un morceau de pain censé les nourrir pour deux jours.
« Ils ne m’ont pas battu dans la cellule, ils m’ont sorti de la cellule pour me battre », a-t-il précisé.
Il a refusé que son nom de famille soit rendu public.
Reuters n’a pas pu vérifier dans l’immédiat de sources indépendantes ses déclarations ou celles d’autres ex-détenus et une porte-parole du ministère de l’Intérieur a refusé de les commenter.
Vartan Grigorian, un autre manifestant libéré, présente des traces de coups marqués sur le visage. « J’ai été arrêté, battu, mis en prison et de nouveau battu. Après ça, je me suis senti mal et j’ai été emmené à l’hôpital en ambulance », a-t-il dit.
Lioudmila, hospitalisée près du centre de détention, a déclaré qu’elle pouvait entendre les cris des prisonniers.
« Nous entendons des hurlements toutes les nuits, des hurlements terribles, pendant très longtemps. C’était particulièrement effrayant hier, des gens criaient si fort qu’on avait l’impression qu’ils étaient frappés juste à côté de nous. »
Ilia, 34 ans, un autre ex-détenu qui a répondu à Reuters en utilisant le téléphone de sa femme, a accusé les gardiens de prison d’avoir agressé des personnes arrêtées.
« Si quelqu’un dans la cellule commençait à faire du bruit ou à crier, il était sorti dans le couloir pour faire un exemple et battu jusqu’à être à moitié mort pour que tout le monde puisse entendre », a-t-il dit.
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