Le variant Delta pèse sur le moral des investisseurs
par Marc Angrand
PARIS (Reuters) – Wall Street est attendue sans grand changement et les Bourses européennes reculent à mi-séance lundi, l’inquiétude sur la propagation du variant Delta du coronavirus pesant sur la tendance à deux jours de la clôture du premier semestre, d’autant que les craintes d’un resserrement prématuré des politiques monétaires sont loin d’avoir disparu.
Les contrats à terme sur les principaux indices new-yorkais signalent une ouverture en baisse de 0,17% pour le Dow Jones, inchangée pour le Standard & Poor’s 500, qui a encore inscrit un record de clôture vendredi, et en hausse de 0,21% pour le Nasdaq.
À Paris, le CAC 40 perd 0,5% à 6.589,65 points à 10h50 GMT. A Londres, le FTSE 100 cède 0,62% et à Francfort, le Dax recule de 0,2%.
L’indice EuroStoxx 50 est en baisse de 0,46%, le FTSEurofirst 300 de 0,42% et le Stoxx 600 de 0,34%.
Après le rebond de la semaine dernière (+2,74% pour le S&P-500, +0,82% pour le Stoxx 500), l’appétit pour le risque souffre de la multiplication des nouvelles confirmant la propagation rapide du variant Delta, en Asie notamment: en Australie, les villes de Sydney et Darwin sont reconfinées, en Indonésie, les chiffres des nouveaux cas sont au plus haut et en Thaïlande, les autorités ont annoncé de nouvelles restrictions.
« Si pour le moment les risques sont plutôt locaux (Afrique du Sud, Thaïlande, Israël, …), il est fort possible que la nervosité gagne progressivement l’ensemble des marchés financiers si jamais la menace venait à se globaliser », estime Guillaume Dejean, analyste macro et changes chez Western Union.
La prudence des investisseurs s’explique aussi par le fait que les grands indices évoluent tout près de leurs récents plus hauts à deux jours de la clôture du mois de juin et du premier semestre, les actions européennes comme américaines affichant des performances à deux chiffres depuis le 1er janvier.
Sur le front macroéconomique, l’agenda du jour est quasi vide mais il s’annonce nettement plus chargé d’ici la fin de la semaine avec entre autres les indices PMI manufacturiers définitifs jeudi et le rapport mensuel sur l’emploi américain vendredi.
LES VALEURS À SUIVRE À WALL STREET
VALEURS EN EUROPE
L’indice Stoxx des transports et des loisirs, en repli de 3,3%, a touché son plus bas niveau depuis cinq semaines, les compagnies aériennes et les tour-opérateurs souffrant des craintes liées à la situation sanitaire: Ryanair perd 3,1%, Air France-KLM 3,57%, IAG 4,76% et TUI 3,65%.
La plus forte baisse du Stoxx 600 est pour Burberry, qui chute de 7,42% après l’annonce du prochain départ de son directeur général, Marco Gobbetti, qui rejoindra l’italien Salvatore Ferragamo (-1,79%).
A la hausse, Nokia gagne 6,07% après le relèvement de la recommandation de Goldman Sachs, passé à l’achat en soulignant l’amélioration du marché des équipements de réseaux mobiles.
TAUX
Le rendement des bons du Trésor américain à dix ans, à 1,5121%, efface une partie de la hausse favorisée vendredi par les chiffres de l’indice d’inflation PCE aux Etats-Unis.
Sur le marché européen, le rendement du Bund allemand à dix ans est inchangé à -0,159% et son équivalent français se replie légèrement à 0,192% au lendemain du second tour des élections régionales et départementales, la plupart des observateurs voyant dans les résultats un revers du Rassemblement national qui réduit le risque d’une victoire du RN à la présidentielle 2022.
L’écart de rendement (« spread ») entre les deux pays, qui était monté à plus de 40 points avant le premier tour, est revenu tout près de 34 points.
CHANGES
Le dollar recule un peu face aux autres grandes devises (-0,07%) mais les variations devraient rester limitées jusqu’à vendredi, jour de la publication du rapport mensuel sur l’emploi aux Etats-Unis.
L’euro se traite juste en dessous de 1,1940 dollar.
PÉTROLE
Le calme domine sur le marché pétrolier, tout près des plus hauts depuis octobre 2018 atteints en début de journée, à l’approche de la réunion de l’Opep+ jeudi sur sa stratégie de production, susceptible d’aboutir à l’annonce d’un relèvement des pompages en août.
Le Brent abandonne 0,26% à 75,98 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) 0,14% à 73,95 dollars.
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