Cyclisme/Tour de France-Seixas plus que jamais dans la course au podium
par Vincent Daheron
LE MARKSTEIN, Haut-Rhin, 18 juillet (Reuters) – Le jeune prodige français Paul Seixas a vécu samedi un premier petit événement dans sa carrière naissante sur le Tour de France puisqu’il a pour la première fois endossé un maillot distinctif, le blanc de meilleur jeune, à la faveur de son rapprochement au classement général.
Le coureur de 19 ans, le plus jeune au départ de la Grande Boucle depuis 1937, s’est classé troisième de la 14e étape entre Mulhouse (Haut-Rhin) et Le Markstein (Haut-Rhin), quatre jours après son premier podium sur une étape au Lioran (Cantal).
Mais samedi, le grimpeur de l’équipe Decathlon CMA CGM s’est montré encore un cran au-dessus. Sixième du général au départ de Mulhouse, il s’est hissé à la quatrième place, à 15 secondes de la troisième position détenue par le Belge Remco Evenepoel (Red Bull-Bora-hansgrohe) alors qu’il en comptait 29 de retard avant le départ.
« C’est vraiment un plaisir d’avoir ce maillot blanc et d’être toujours dans la course pour le podium », a-t-il déclaré après l’étape, au cours d’un protocole médiatique auquel il a dû se plier pour la première fois en raison de la tunique blanche qu’il a ravie à Juan Ayuso (Lidl-Trek) pour trois secondes.
« C’est incroyable, franchement. C’est magnifiquement dur. Aujourd’hui, c’était encore une journée très difficile, on commence à s’y habituer sur le Tour », a-t-il poursuivi. « C’est vraiment ce que j’apprécie, je me suis entraîné dur pour ça. L’équipe a fait un travail super. »
Dans l’inédit col du Haag (11,2 km à 7,3% de pente moyenne), dont le sommet était placé à 5,9 km de l’arrivée, l’équipe Decathlon CMA CGM a assumé ses ambitions en imposant son rythme en tête du groupe des favoris. Tiesj Benoot puis Nicolas Prodhomme se sont relayés pour tenter d’éliminer les prétendants au podium final.
« Aujourd’hui était un jour où Paul (Seixas) se sentait bien, il est vraiment bon dans les journées montagneuses moyennes à difficiles », a raconté Tiesj Benoot. « Il nous a dit qu’il se sentait bien, donc on a essayé de le lancer dans la dernière ascension et ça a payé. »
Après avoir sauté une première fois dans la roue de Florian Lipowitz (Red Bull-Bora-hansgrohe), le vainqueur du Tour du Pays basque ne s’est pas grillé quand le maillot jaune Tadej Pogacar (UAE Team Emirates-XRG) a attaqué à 1,5 km du sommet du col du Haag.
« DIFFICILEMENT PLUS DUR »
Paul Seixas a lissé son effort pour lâcher Florian Lipowitz et Juan Ayuso avant de revenir sur Jonas Vingegaard (Visma-Lease a bike) au sommet de cette montée classée en première catégorie. Il restait alors moins de six kilomètres jusqu’à la ligne d’arrivée, qu’il a franchie en troisième position derrière Isaac del Toro (UAE Team Emirates-XRG) mais devant Jonas Vingegaard.
Il a pris, au passage, quatre secondes de bonification qui pourraient compter dans sa quête de podium en fin de troisième semaine.
« Ça va me donner encore plus de confiance pour la suite, mais le Tour est encore long », a relativisé le nouveau maillot blanc. « Le plus dur reste à venir, je reste pragmatique. Il y a encore beaucoup de choses à faire demain. »
Alors qu’il navigue désormais dans l’inconnu puisqu’il participe à son premier grand tour, Paul Seixas déjoue les écueils un à un avec une sérénité déconcertante.
Il fera face à un nouveau test dimanche, lors de l’arrivée dans les Alpes, sur un terrain qu’il connaît particulièrement bien.
« Ce n’est pas très loin de chez mes grands-parents, j’ai un appartement pas très loin. Je connais très, très bien la montée (du plateau de Solaison) mais c’est très, très dur », a-t-il prévenu. « Je connais difficilement plus dur. J’espère qu’on va bien finir cette semaine. Si ça pouvait être comme aujourd’hui, ce serait parfait. »
La 15e étape entre Champagnole (Jura) et le plateau de Solaison (Haute-Savoie) sera longue de 183,9 km avec une dernière ascension redoutable jusqu’à l’arrivée (11,3 km à 9%).
(Reportage de Vincent Daheron au Markstein)
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