FIFA : Face à la fronde, Gianni Infantino capitule et abandonne son projet de privatisation
Acculé par la menace d’un boycott européen historique, lâché par ses plus proches conseillers et contesté de toutes parts, le président de la FIFA a officialisé le retrait de son projet de vente des droits de l’instance. Ce fiasco bouscule l’équilibre du football mondial à l’approche de l’élection présidentielle de 2027.
Le projet FFE : 4,2 milliards de dollars de discorde
Le plan ultra-confidentiel, baptisé FIFA Forward Enterprise (FFE), prévoyait de céder jusqu’à 20 % des droits commerciaux, marketing et événementiels de la FIFA à des fonds d’investissement privés pour lever 4,2 milliards de dollars. Le principal candidat sur les rangs était le fonds américain Thrive Eternal, piloté par Joshua Kushner, frère du gendre de Donald Trump.
L’approche de Gianni Infantino, fixant un ultimatum au 19 septembre pour faire adopter le projet en échange d’une enveloppe de 20 millions de dollars par fédération, a été vécue comme un chantage financier. La présidente de la Fédération norvégienne, Lise Klaveness a immédiatement réagi en déclarant que la FIFA « n’avait pas besoin de cet argent » et a fustigé une « gouvernance par la peur ».
UEFA : « La Coupe du monde n’est pas à vendre »
Menée par son président Aleksander Čeferin, l’UEFA a convoqué une réunion d’urgence de ses 55 fédérations membres et a brandi l’arme du boycott unanime des prochaines compétitions. La déclaration officielle de l’instance européenne restera un tournant.
« La Coupe du monde ne peut pas être traitée comme un produit d’investissement. C’est l’un des plus grands héritages sportifs du football, bâti au fil des générations par les joueurs, les équipes nationales et les supporters. Aucune partie ne doit être cédée à des investisseurs privés. La Coupe du monde n’est pas à vendre. »
Cette position ferme menaçait de priver la FIFA de ses principales sélections masculines et féminines dès la Coupe du monde féminine des moins de 20 ans en Pologne.
Le dilemme africain : Entre besoin de financement et prudence
Contrairement à l’Europe, la Confédération Africaine de Football (CAF) s’est retrouvée face à un dilemme complexe. Courtisées par la promesse de voir leurs dotations de développement bondir de 8 à 20 millions de dollars sur quatre ans, de nombreuses petites fédérations du continent comptaient sur cette manne financière.
Cependant, face au scandale de corruption potentiel et à la fronde conjointe de l’UEFA, de la CONCACAF et de l’AFC (Asie), le comité exécutif de la CAF a choisi la prudence en annonçant une réunion d’évaluation. L’Afrique a refusé de servir de bouclier politique à Infantino, scellant l’isolement du président de la FIFA.
Élection 2027 : Une présidence fragilisée à Rabat
Ce recul historique rebat totalement les cartes pour la présidence de la FIFA en mars 2027, dont le scrutin se tiendra à Rabat, au Maroc. Alors qu’il avançait sans opposition, Gianni Infantino voit son autorité durement ébranlée :
* Rupture interne : La démission de son conseiller principal Carlos Cordeiro et les accusations du directeur des opérations Kevin Lamour, affirmant que le personnel a été « trompé », témoignent d’une cassure au sein même de la FIFA.
* Émergence d’une opposition politique : L’échec du projet et l’unité affichée par les confédérations ouvrent la voie à une candidature d’opposition crédible d’ici la date limite de dépôt des candidatures fixée au 18 novembre.
* Perte du levier financier : En abandonnant le projet FFE, le président sortant perd l’argument financier majeur qui lui assurait jusqu’ici le soutien inconditionnel des petites fédérations mondiales.
Pour la première fois depuis son arrivée au pouvoir en 2016, l’hégémonie de Gianni Infantino est sérieusement contestée, transformant le congrès de Rabat 2027 en un véritable terrain d’affrontement politique.
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