Afr du Sud : le pays redoute des débordements liés à un ultimatum immigration
L’Afrique du Sud vit mardi sous un important dispositif sécuritaire, au point d’orgue d’une campagne xénophobe qui a fixé au 30 juin la date limite pour le départ des ressortissants étrangers en situation irrégulière. Dans un climat de peur généralisée, des milliers de migrants ont déjà anticipé ce délai en quittant le pays.
Le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, a réitéré son appel au calme, exhortant les manifestants à respecter la légalité. « Nous ne tolérerons aucune intimidation, menace ou violence », a-t-il déclaré, rappelant que les droits des ressortissants étrangers en règle sont garantis par la Constitution.
Un climat délétère
Depuis plusieurs semaines, des groupes structurés, dont le mouvement « March and March », mènent une campagne virulente sur les réseaux sociaux et sur le terrain, exigeant le départ immédiat des « sans-papiers ». Si les organisateurs affirment vouloir manifester pacifiquement, les autorités craignent une répétition des cycles de violences xénophobes qui ont régulièrement secoué le pays, notamment en 2008 et 2021.
À travers le pays, les témoignages de migrants — originaires majoritairement du Malawi, du Zimbabwe, du Mozambique et du Nigeria — font état d’un climat de terreur. « La peur est devenue notre quotidien », confie un entrepreneur étranger établi à Johannesburg, illustrant le sentiment d’insécurité qui traverse même les communautés installées légalement depuis des décennies.
Exode et déploiement policier
La pression croissante a conduit plusieurs gouvernements africains à organiser des opérations de rapatriement d’urgence par voie aérienne et terrestre. Selon des sources policières, environ 25 000 migrants auraient déjà quitté le territoire sud-africain par crainte de représailles.
À Durban, point chaud des tensions, et à Johannesburg, la police a déployé des milliers d’agents et interdit le port d’armes traditionnelles lors des marches autorisées. L’objectif est clair : éviter que les revendications sur la régulation de l’immigration, portées par certains partis politiques dans le contexte des prochaines élections municipales de novembre, ne se transforment en pillages ou en exactions.
Alors que la journée avance, les centres-villes affichaient une activité anormalement réduite, de nombreux commerces appartenant à des étrangers ayant préféré fermer leurs portes, par précaution.
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