Ukraine: Les combats s’intensifient, inquiétudes autour de la centrale de Zaporijjia
par Pavel Polityuk, Aleksandar Vasovic et John Irish
LVIV, Ukraine/KIEV/PARIS (Reuters) – La communauté internationale s’est inquiétée vendredi des risques pour la sécurité de la centrale nucléaire de Zaporijjia, la plus importante d’Europe, après qu’un incendie s’est déclaré dans un bâtiment du site en marge d’intenses combats entre Russes et Ukrainiens.
Les autorités ukrainiennes ont néanmoins indiqué que la centrale nucléaire, située dans le sud-est de l’Ukraine et désormais prise par les forces russes, fonctionnait normalement et que l’incendie avait été éteint.
Par ailleurs, un conseiller de la présidence ukrainienne a déclaré que l’avancée des troupes russes sur la ville de Mykolaïv, dans le sud du pays, avait été interrompue, alors que les autorités locales avaient signalé l’entrée de forces russes.
Si la ville passe sous le contrôle de l’armée russe, Mykolaïv, avec ses 500.000 habitants, sera la plus importante ville ukrainienne à tomber.
Plusieurs explosions ont secoué vendredi Kiev, la capitale, où les sirènes d’alerte ont retenti, a rapporté un journaliste de Reuters. L’origine de ces déflagrations est pour l’heure indéterminée.
La fréquence des explosions s’est accélérée vendredi, possible signe selon les observateurs d’une intensification de l’offensive russe contre cette ville qui comptait 3,4 millions d’habitants avant l’invasion du 24 février. Selon le renseignement militaire américain, les troupes russes se trouvaient jeudi à 25 kilomètres de Kiev.
Dans une nouvelle allocution télévisée, le président russe Vladimir Poutine a appelé les Etats voisins de la Russie à ne pas exacerber les tensions.
« Il n’y a pas de mauvaises intentions envers nos voisins. Et je leur conseillerais également de ne pas aggraver la situation, de ne pas ordonner de sanctions », a-t-il notamment déclaré.
S’agissant de Zaporijjia, des responsables ont indiqué que l’incendie sur le site avait touché un centre de formation, mais pas la centrale elle-même.
Un responsable d’Energoatom, l’entreprise publique qui exploite quatre centrales nucléaires en Ukraine, a dit qu’il n’y avait plus de combats autour du site et que les niveaux de radiation étaient normaux.
L’agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a de son côté assuré que la sécurité de la centrale n’était pas menacée.
PAS DE ZONE D’EXCLUSION AERIENNE
Dans une allocution télévisée, le président ukrainien Volodimir Zelenski s’est adressé directement à la population russe, l’appelant à manifester contre la prise de contrôle de la centrale par les forces russes.
Le ministère russe de la Défense a de son côté dénoncé une opération de sabotage de la part de l’Ukraine, la qualifiant de « provocation monstrueuse ».
La crainte d’un incident nucléaire dans le conflit entre la Russie et l’Ukraine a fait chuter les places financières. En Europe, les principales Bourses étaient en net repli.
La Russie s’est déjà emparée du site de l’ancienne centrale de Tchernobyl, située à une centaine de kilomètres au nord de Kiev, théâtre de la catastrophe nucléaire de 1986.
Réagissant à l’attaque menée sur la centrale, le ministre britannique de la Défense, Ben Wallace, a déclaré que le président russe Vladimir Poutine jouait avec le feu.
« Nous appelons le président russe dans les termes les plus forts possibles à absolument cesser d’attaquer des sites comme celui-là, c’est incroyablement dangereux », a déclaré le ministre lors d’une conférence de presse à l’occasion d’un déplacement à Copenhague.
Le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg, a opposé vendredi une fin de non-recevoir à la demande de Volodimir Zelenski d’établir une zone d’exclusion aérienne (no-fly zone) au-dessus du territoire de l’Ukraine, mesure qui reviendrait de facto pour les Occidentaux à entrer en guerre contre la Russie.
Des milliers de personnes auraient été tuées ou blessées dans l’offensive lancée par Moscou en Ukraine, entrée dans son neuvième jour et qui constitue l’attaque la plus importante contre un Etat européen depuis la fin de la Seconde guerre mondiale.
Plus d’un million de personnes, principalement des femmes et des enfants, ont fui le pays.
En Russie même, où les principaux opposants à Vladimir Poutine ont pour la plupart été emprisonnés ou contraints à l’exil, l’invasion s’est accompagnée d’une nouvelle vague de répression contre les dissidents.
Les autorités russes ont interdit dans la presse toute référence à une « guerre » ou une « invasion ». Elles ont aussi procédé à des milliers d’arrestations lors de manifestations contre la guerre.
Moscou a également bloqué l’accès à une série de sites internet russophones de médias occidentaux, dont la BBC, Voice of America, Radio Free Europe/Radio Liberty ou encore Deutsche Welle.
(Reportage Pavel Polityuk, Natalia Zinets, Aleksandar Vasovic, avec David Ljunggren à Ottawa, John Irish à Paris, François Murphy à Vienne et les bureaux de Reuters ; version française Jean Terzian, Myriam Rivet et Matthieu Protard, édité par Sophie Louet)
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
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Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
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2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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