Le rêve olympique s’écroule pour de nombreux spectateurs
Ryuichi Ishikawa s’était accroché jusqu’au bout à l’espoir d’encourager les athlètes japonais dans les enceintes des JO de Tokyo. Mais la décision des autorités nippones de bannir le public des stades olympiques a brisé son rêve.
Les organisateurs ont interdit jeudi la présence de spectateurs dans les stades de Tokyo, ville où l’état d’urgence est désormais en vigueur face à la reprise de l’épidémie de COVID-19.
Les Jeux olympiques débutent le 23 juillet prochain, jusqu’au 8 août.
« D’abord, il y a eu l’annonce qu’ils allaient limiter le nombre de spectateurs à 10.000, puis j’ai espéré avoir encore un ticket après la loterie », témoigne Ryuichi Ishikawa, 54 ans, en référence au tirage au sort initialement prévu pour sélectionner les détenteurs de billets autorisés dans les tribunes.
Après le report d’un an des Jeux, la limitation des événements, l’interdiction du public étranger et les jauges réduites pour les spectateurs nationaux, la perspective de JO sans public est un crève-coeur pour les amateurs de sport.
Ishikawa, employé d’une entreprise d’électronique, a assisté à quatre autres Jeux Olympiques et avait même prévu de se porter volontaire pour le relais de la flamme à Tokyo. Il a dépensé 80.000 yens (728 dollars) en billets.
« S’ils avaient vacciné la population plus tôt, nous aurions pu faire comme les États-Unis et d’autres pays, où tout le monde va maintenant assister à des événements sportifs comme si de rien n’était », critique Keiko Otsubo, qui avait prévu d’assister aux épreuves de triathlon.
Environ un quart des Japonais a reçu au moins une dose de vaccin, selon un décompte de Reuters.
« Je suis vraiment agacé par le temps qu’il a fallu aux organisateurs pour prendre une décision », se plaint Shota Tabara, un jeune homme qui a dépensé 100.000 yens pour assister aux épreuves d’athlétisme, de volley-ball et de basket-ball.
D’autres se disent désormais opposés aux Jeux, déplorant, sur la foi d’informations de presse, que les spectateurs « VIP » et certains sponsors soient encore autorisés à assister à des événements tels que la cérémonie d’ouverture.
« Je pense que beaucoup de gens ont l’impression qu’il est assez clair qu’il y a une règle pour ceux d’en haut et une autre pour tous les autres », souligne Alison, une enseignante écossaise de 42 ans, installée de longue date au Japon, qui avait acheté neuf billets.
Les autorités sanitaires ont recensé 896 nouvelles contaminations en 24 heures ce jeudi à Tokyo, un record depuis la mi-mai.
(Reportage Sakura Murakami et Elaine Lies, avec la contribution d’Eimi Yamamitsu et Mayu Sakoda; version française Diana Mandiá, édité par Sophie Louet)
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