États-Unis: Les bénéfices du 1er trimestre pourraient pâtir des inquiétudes liées aux droits de douane
par Caroline Valetkevitch
NEW YORK (Reuters) – Les analystes sont plus prudents quant aux bénéfices des entreprises américaines pour le premier trimestre de cette année, alors que les droits de douane annoncés par les président Donald Trump risquent de déclencher une guerre commerciale mondiale qui pourrait nuire à la croissance économique.
Apple, Tesla et Ford figurent parmi les plus grands contributeurs à la récente révision à la baisse des estimations pour le trimestre allant de janvier à fin mars, tout comme certains assureurs, dont les prévisions ont été affectées par les incendies de forêt en Californie plus tôt dans l’année, souligne Tajinder Dhillon, analyste chez LSEG.
Les prévisions de bénéfice pour les entreprises de l’indice S&P 500 au premier trimestre ont reculé de 4,5 points de pourcentage depuis le 1er janvier, ce qui représente la plus importante révision à la baisse depuis le quatrième trimestre 2023.
La croissance des bénéfices des entreprises du S&P 500 au titre du premier trimestre est désormais estimée à 7,7% en glissement annuel, ce qui serait le plus bas niveau depuis le troisième trimestre 2023 et une forte baisse par rapport à la progression de 17,1% du quatrième trimestre de l’année dernière, selon les données de LSEG publiées vendredi.
Si une poignée d’entreprises a déjà publié des chiffres trimestriels, il reste encore plusieurs semaines avant le début officiel de la saison des résultats.
« On sait qu’il y a un biais négatif. On ne sait simplement pas dans quelle mesure », observe Michael O’Rourke, stratège chez JonesTrading à Stamford, dans le Connecticut.
Les estimations de bénéfices ont tendance à baisser dans les semaines précédant le début de la saison des résultats, les entreprises adoptant une approche plus prudente, mais la plupart d’entre elles finissent par dépasser ces attentes réduites.
Les craintes se sont toutefois accrues ces dernières semaines concernant l’impact sur la première économie mondiale des droits de douane américains et des représailles des partenaires commerciaux des États-Unis, ainsi que des coupes budgétaires de l’administration Trump.
Preuve de cette nervosité, l’indice S&P 500 est entré le 13 mars dernier dans une phase de correction, clôturant à plus de 10% en dessous de son pic du 19 février.
« Beaucoup de gens s’inquiètent de choses comme les droits de douane (…) En réalité, c’est un ralentissement économique général qui serait très difficile à gérer pour les entreprises », souligne Sameer Samana, stratège principal des marchés mondiaux à l’Institut d’investissement de Wells Fargo.
Certains investisseurs espèrent toutefois que les bénéfices du premier trimestre pourraient servir de catalyseur pour des achats sur le marché après le mouvement de vente des dernières semaines.
Le S&P 500 se négocie toujours à un multiple de 21 fois les bénéfices attendus, alors que le ratio cours/bénéfice moyen sur 10 ans est d’environ 18, montrent les données LSEG.
APPLE ET TESLA SOUS LES FEUX DE LA RAMPE
Apple a publié fin janvier ces derniers résultats trimestriels en date, qui ont dépassé les attentes des analystes, mais les ventes d’iPhone et le chiffre d’affaires en Chine ont été faibles en raison de la concurrence et de la lenteur du déploiement des fonctions d’intelligence artificielle.
Jeudi, le site The Information a rapporté, citant des sources, qu’Apple perdait plus d’un milliard de dollars par an sur son service de streaming Apple TV+.
Une autre entreprise sur laquelle tous les regards seront sans aucun doute braqués sera Tesla, dont les ventes ont reculé en février dans plusieurs pays européens, y compris en France, par rapport à l’année précédente, l’entreprise étant confrontée à une mise à l’épreuve de la fidélité à la marque alors que son directeur général Elon Musk est un proche allié de Donald Trump.
Mais même après une chute de près de 40% de l’action Tesla depuis le début de l’année, le titre se négocie à plus de 80 fois les prévisions de bénéfices.
Quant à Ford, il a prévenu en février qu’il accuserait jusqu’à 5,5 milliards de dollars de pertes cette année sur ses activités de véhicules électriques et de logiciels.
Les constructeurs automobiles font l’objet d’une attention particulière, la Maison blanche ayant déclaré au début du mois qu’ils seraient exemptés pendant un mois des droits de douane de 25% sur les importations du Canada et du Mexique.
Dans le secteur de l’assurance, certains analystes considèrent les incendies de janvier en Californie comme l’une des catastrophes naturelles les plus coûteuses. L’assureur Travelers Companies a prévenu en février qu’il s’attendait à une perte avant impôts de 1,7 milliard de dollars.
Du côté des compagnies aériennes, c’est surtout l’incertitude concernant les dépenses de consommation qui préoccupe. Delta Air Lines et d’autres groupes ont déjà revu à la baisse leurs prévisions de bénéfices, estimant que les clients pourraient reporter leurs projets de voyage.
(Reportage Caroline Valetkevitch ; version française Diana Mandia, édité par Blandine Hénault)
VOUS AIMEZ NOUS LIRE ? ENGAGEZ-VOUS !
À l'heure de l'intelligence artificielle et des fake news, l'accès à des faits vérifiables est crucial. Le Journal Chrétien, service de presse en ligne et chaîne de télévision chrétienne, se positionne comme le média de la vérité qui propose une information indépendante et fiable, non biaisée par des intérêts d'actionnariat ou publicitaires.
Votre soutien nous est précieux pour nous permettre de continuer à produire ce journalisme chrétien de qualité, à réaliser des enquêtes inédites, des reportages singuliers, pour vous informer et nourrir votre réflexion sur les grands enjeux du moment.
Pour plus d'information, contactez-nous par email à l'adresse admin@chretiens.info ou par téléphone au par téléphone au +33 769138397