Xi et Poutine promettent de renforcer leur coopération face à l’agressivité de Washington
PEKIN/MOSCOU (Reuters) – Xi Jinping et Vladimir Poutine ont condamné jeudi le comportement à leurs yeux de plus en plus agressif des Etats-Unis et promis de renforcer la coopération militaire entre la Chine et la Russie en dépit des mises en garde de Washington.
Le président russe est arrivé en Chine jeudi pour une visite d’Etat de deux jours, son premier voyage à l’étranger depuis son investiture pour un nouveau mandat de six ans le 7 mai dernier.
Moins de trois semaines après la visite à Pékin du secrétaire d’Etat Antony Blinken, venu reprocher à la Chine son soutien à l’effort de guerre russe, Xi Jinping a souligné la proximité des points de vue de Pékin et Moscou sur un grand nombre de questions internationales, dont l’Ukraine.
« Les relations entre la Chine et la Russie ont été durement acquises, et les deux parties doivent les chérir et les entretenir », a déclaré le président chinois à son hôte lors de leur rencontre au palais de l’Assemblée du peuple à Pékin.
« La Chine est disposée à réaliser conjointement le développement et la revitalisation de nos pays respectifs et à travailler ensemble pour défendre l’équité et la justice dans le monde », a-t-il ajouté.
Vladimir Poutine a déclaré pour sa part au dirigeant chinois que leur coopération était un facteur de stabilité.
« Ensemble, nous défendons les principes de justice et un ordre mondial démocratique reflétant les réalités multipolaires basé sur le droit international », a-t-il dit.
« PARTENARIAT SANS LIMITES »
Dans une longue déclaration commune, Pékin et Moscou affichent leur intention d’approfondir encore le « partenariat sans limites » qu’ils ont scellé en février 2022, peu avant que la Russie n’entre en guerre contre l’Ukraine.
Les deux pays estiment que leur coopération militaire commune a amélioré la sécurité régionale et mondiale et épinglent les efforts menés selon eux par Washington pour remettre en cause l’équilibre mondial de la dissuasion nucléaire.
Ils se disent préoccupés par les systèmes de défense aérienne américains qui les menaceraient et par les projets américains de développement d’armes non nucléaires de haute précision.
Pékin et Moscou condamnent également les initiatives visant à saisir les avoirs d’Etats étrangers, allusion à la volonté des Occidentaux d’utiliser les avoirs saisis à la Russie depuis la guerre en Ukraine pour financer l’aide à Kyiv.
Concernant l’Ukraine encore, Xi Jinping a précisé que les deux parties étaient d’accord pour dire qu’un règlement politique constituait la « bonne direction ».
En retour, Vladimir Poutine s’est dit reconnaissant de la volonté de la Chine de tenter de résoudre la crise, ajoutant qu’il informerait son homologue de la situation en Ukraine, où les forces russes progressent sur plusieurs fronts.
Qualifiant leur première session de discussions de « chaleureuse et amicale », Vladimir Poutine a déclaré que les deux pays entendaient renforcer leur coopération dans les domaines du nucléaire, de l’approvisionnement alimentaire ou de la construction de voitures chinoises en Russie.
Les deux pays promettent aussi de coopérer pour assurer leur sécurité économique et énergétique, la stabilité de leurs chaînes d’approvisionnement, ou promouvoir la mise en oeuvre de projets dans le nucléaire civil, le renouvelable ou l’hydrogène.
Les discussions informelles entre dirigeants et hauts fonctionnaires des deux pays, qui devaient se tenir autour d’un thé et d’un dîner plus tard dans la journée, devraient être un élément clé de ce voyage.
Le nouveau ministre de la Défense Andreï Belooussov, le ministre des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, le secrétaire du Conseil de sécurité, Sergueï Choïgou, et le conseiller en politique étrangère du Kremlin, Iouri Ouchakov, seront également présents, aux côtés de dirigeants d’entreprises russes.
(Reportage Guy Faulconbridge à Moscou et Bernard Orr à Pékin, avec les rédactions de Moscou et Pékin, version française Kate Entringer et Jean-Stéphane Brosse, édité par Tangi Salaün et Nicolas Delame)
Le Journal Chrétien est un média indépendant financé par des chrétiens comme vous, en accès libre, sans subventions ni publicité. La générosité de la communauté chrétienne garantit notre indépendance.
Aujourd’hui, une poignée de chrétiens rendent possible une information indépendante accessible gratuitement à des millions de personnes sur nos sites, nos applications et notre chaîne de télévision chrétienne.
Chaque article, chaque émission, chaque reportage, chaque enquête existe uniquement grâce à votre générosité. C’est ce qui nous permet de répondre à l’immense soif spirituelle de nos contemporains et ce, avec une exigence de qualité journalistique reconnue, et de donner la parole à ceux qu’on n’entend jamais ailleurs.
Mais aujourd’hui, nous arrivons à un moment décisif. Partout, les médias indépendants sont fragilisés, attaqués, précarisés. Pendant que quelques grandes fortunes verrouillent toujours davantage le paysage médiatique, les médias chrétiens et tous ceux qui refusent de se soumettre sont maintenus sous pression permanente.
Le Journal Chrétien et sa chaîne Chrétiens TV, diffusée sur le canal 246 de la Freebox, n’échappent pas à cette réalité. Oui, nos médias chrétiens pourraient disparaître si nous ne parvenons pas à toucher de nouveaux donateurs dans les prochains mois.
Je soutiens le Journal Chrétien !
Au moment où les milliardaires étendent leur emprise sur l’information, nous pensons au contraire qu’il faut plus de travail de terrain, plus de reportages, plus d’enquêtes, plus de pluralisme, plus de médias chrétiens capables de résister aux pressions religieuses, politiques et économiques. C’est pour cela que nous lançons un appel à la communauté chrétienne.
La question est simple : voulons-nous laisser mourir les médias chrétiens et laisser la presse ainsi que la télévision aux mains des grands groupes privés ?
Si vous lisez les articles du Journal Chrétien, regardez nos émissions sur Chrétiens TV, partagez nos contenus dans les réseaux sociaux ou pensez qu’une autre voix doit continuer d’exister dans le débat public, alors c’est maintenant qu’il faut agir.



