Cameroun : la FECAFOOT impose un salaire minimum pour professionnaliser son football
La Fédération camerounaise de football durcit le ton. Pour la saison, l’instance impose un plancher salarial obligatoire de 200 000 FCFA pour les joueurs d’Elite One, une mesure forte pour freiner l’exode des talents et assainir la gestion des clubs professionnels.
Le football camerounais tente de tourner la page de la précarité. Par le biais d’une directive officielle de sa commission d’octroi des licences, la Fédération camerounaise de football (FECAFOOT) a acté une réforme financière majeure : la mise en place d’un salaire minimum obligatoire de 200 000 FCFA (environ 305 euros) par mois pour tout joueur évoluant en MTN Elite One, la première division nationale.
Cette grille de régulation ne se limite pas à l’élite masculine. Les techniciens et les divisions inférieures sont également concernés. Un entraîneur principal d’Elite One devra percevoir au moins 250 000 FCFA mensuels. En Elite Two (deuxième division) ainsi qu’en Guinness Super League (première division féminine), le salaire plancher est désormais fixé à 75 000 FCFA par mois.
Un bouclier contre l’exode des talents
Pour l’instance faîtière du football camerounais, cette initiative vise un double objectif : stabiliser l’écosystème local et rehausser l’attractivité des championnats domestiques. Historiquement, le faible niveau des revenus poussait les meilleurs joueurs camerounais à s’engager très tôt dans des championnats africains intermédiaires ou des ligues mineures européennes et asiatiques, souvent au détriment de leur progression de carrière.
En garantissant un revenu de base décent, la fédération espère retenir ses pépites professionnelles assez longtemps pour élever le niveau technique du championnat national et optimiser la compétitivité des clubs locaux sur la scène continentale, notamment en Ligue des champions de la CAF.
Le défi du contrôle et de la viabilité
Si l’annonce est saluée sur le plan des principes, sa mise en application concrète soulève d’importants défis économiques. Pour participer au championnat, les clubs doivent s’acquitter de frais d’engagement (1 million de FCFA en Elite One) et prouver qu’ils disposent de garanties bancaires suffisantes pour honorer cette masse salariale. L’obtention de la licence de club est désormais strictement conditionnée à l’absence d’arriérés de paiement.
Le Syndicat National des Footballeurs du Cameroun (SYNAFOC) reste vigilant. Par le passé, des mesures similaires avaient buté sur l’insolvabilité chronique de certaines équipes, dépendantes des subventions étatiques et fédérales. Pour réussir ce pari de la professionnalisation, les clubs camerounais devront impérativement diversifier leurs revenus via le sponsoring privé et les droits de diffusion télévisée.
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