Russie: La licence de Novaïa Gazeta révoquée par la justice
(Retire la mention « encore actif » au §1)
(Reuters) – Un tribunal russe a annulé lundi la licence de diffusion du journal d’investigation Novaïa Gazeta, l’un des derniers médias indépendants en Russie, interdisant de fait toute activité du journal sur le territoire russe.
Cette décision s’inscrit dans le cadre de poursuites intentées par l’organisme russe de tutelle des médias et des communications Roskomnadzor, qui accusait Novaïa Gazeta de ne pas avoir fourni des documents relatifs à un changement de propriétaire en 2006.
Le rédacteur en chef de Novaïa Gazeta, Dmitri Mouratov – co-lauréat du prix Nobel de la paix 2021 – a déclaré à la presse à la sortie du tribunal que le journal ferait appel, en dénonçant une décision purement politique « sans la moindre base légale ».
Pilier du journalisme indépendant d’investigation en Russie en dépit des restrictions progressives à la liberté de la presse et de l’assassinat de plusieurs de ses journalistes – dont Anna Politkovskaïa en 2006 -, Novaïa Gazeta a été fondé en 1993 avec l’aide financière de Mikhaïl Gorbatchev, qui y a injecté une partie des fonds reçus lorsque le prix Nobel de la paix lui a été attribué en 1990.
Dmitri Mouratov, qui réside toujours en Russie, a assisté samedi aux funérailles de l’ancien dirigeant de l’URSS, qui était son ami en plus d’avoir soutenu financièrement son journal.
Novaïa Gazeta a suspendu ses publications en ligne et au format papier en mars, après l’adoption d’une nouvelle loi punissant de 15 ans de prison la diffusion de toute information non officielle sur « l’opération militaire spéciale » en Ukraine.
Des membres de la rédaction ayant quitté la Russie ont lancé en avril une nouvelle édition européenne, « Novaïa Gazeta Europe », qui n’est pas formellement rattachée à Novaïa Gazeta et dont les contenus sont également bloqués par les autorités russes.
(Retire la mention « encore actif » au §1)
(Reportage Reuters, édité par Guy Faulconbridge ; version française Myriam Rivet, édité par Tangi Salaün)
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