Poutine dit à Trump que Moscou va répondre aux dernières attaques de Kyiv
WASHINGTON/MOSCOU (Reuters) – Donald Trump a déclaré mercredi avoir eu un entretien téléphonique avec Vladimir Poutine lors duquel le président russe a souligné que la Russie se devait de répondre aux frappes menées par l’Ukraine contre des bombardiers russes, le président américain ajoutant qu’il n’y aurait « pas de paix immédiate ».
Alors même que Donald Trump a prévenu à plusieurs reprises que Washington se détournerait des négociations destinées à mettre fin à la guerre entre la Russie et l’Ukraine s’il n’y avait pas d’avancées vers la paix, les affrontements se sont intensifiés ces derniers jours.
Kyiv a mené au cours du week-end l’une de ses attaques les plus ambitieuses depuis le début du conflit, ciblant notamment des bombardiers sur une base aérienne russe en Sibérie. De son côté, la Russie a lancé quelque 472 drones contre l’Ukraine en une nuit, soit un nombre sans précédent en plus de trois ans, dans le cadre d’une accélération de ses offensives aériennes.
Par ailleurs, le pont de Crimée, construit par la Russie à la suite de son annexion de la péninsule en 2014, a été visé par une attaque à l’explosif.
Deux représentants américains, s’exprimant sous couvert d’anonymat, ont déclaré à Reuters que l’Ukraine a atteint une vingtaine d’appareils russes, détruisant environ la moitié d’entre eux, lors de son attaque aux drones au cours du week-end. Ces estimations de Washington sont inférieures à celles communiquées plus tôt par Kyiv.
Au cours d’une réunion gouvernementale mercredi à Moscou pour discuter des récentes attaques ukrainiennes, Vladimir Poutine a dit penser que le président ukrainien Volodimir Zelensky ne voulait pas la paix.
Toutes les options militaires sont envisagées pour répondre à ces attaques au coeur du territoire russe, ont dit également des représentants russes.
Un nouveau cycle de négociations directes organisé lundi à Istanbul entre hauts représentants russes et ukrainiens a tourné court, comme ce fut déjà le cas pour leur première réunion en mai dans la ville turque. Volodimir Zelensky a proposé mercredi la mise en oeuvre d’une trêve jusqu’à ce que se déroule une rencontre en face à face avec Vladimir Poutine.
« TERRORISTES »
Donald Trump a rapporté via son réseau social Truth avoir discuté avec Vladimir Poutine des diverses attaques récentes entre l’Ukraine et la Russie.
Cette conversation téléphonique a duré plus d’une heure et a été « bonne », a écrit le président américain. « Mais ce n’est pas une conversation qui mènera à une paix immédiate », a-t-il dit.
Vladimir Poutine a déclaré « très fermement qu’il allait devoir répondre à la récente attaque (de l’Ukraine) contre des aérodromes », a ajouté Donald Trump.
Kyiv a souligné que ces attaques illustraient que l’armée ukrainienne avait toujours du répondant après plus de trois années de guerre.
La Russie a reproché aux Occidentaux d’avoir permis ces attaques, exhortant les Etats-Unis et la Grande-Bretagne à pousser l’Ukraine à la retenue.
Rendant compte de l’entretien téléphonique entre Vladimir Poutine et Donald Trump, le Kremlin a rapporté que le président américain a dit au président russe n’avoir pas été informé au préalable des attaques ukrainiennes.
Plus tôt dans la journée, Vladimir Poutine a décrit comme « terroriste » l’attaque contre le pont de Crimée, qui a selon lui visé des civils, accusant le gouvernement ukrainien d’être un régime terroriste soutenu par des puissances qui devenaient « complices ».
L’Ukraine et la Russie nient cibler des civils depuis le début de leur conflit.
« Le régime actuel à Kyiv ne veut pas du tout de la paix », a dit le président russe lors d’une réunion avec des responsables de haut rang. « Comment pouvons-nous négocier avec ceux qui dépendent de la terreur ? », a-t-il ajouté.
Kyiv accuse également Moscou de ne pas vouloir la paix, citant le refus du Kremlin d’accepter immédiatement une trêve de 30 jours, réclamée notamment par les Européens. La Russie demande que des conditions préalables soient remplies.
Donald Trump a par ailleurs écrit sur Truth Social s’être entretenu avec Vladimir Poutine de l’Iran, déclarant que les deux dirigeants étaient d' »accord » sur le fait que Téhéran ne pouvait pas se doter de l’arme nucléaire.
Moscou va être impliqué dans les négociations sur le nucléaire iranien, a ajouté le président américain.
(Rédigé par Guy Faulconbrige et Rami Ayyub, avec Dmitry Antonov, Maxim Rodionov, Anastasia Lyrchikova, Darya Korsunskaya et Gleb Bryanski; version française Jean Terzian)
Le Journal Chrétien est un média indépendant financé par des chrétiens comme vous, en accès libre, sans subventions ni publicité. La générosité de la communauté chrétienne garantit notre indépendance.
Aujourd’hui, une poignée de chrétiens rendent possible une information indépendante accessible gratuitement à des millions de personnes sur nos sites, nos applications et notre chaîne de télévision chrétienne.
Chaque article, chaque émission, chaque reportage, chaque enquête existe uniquement grâce à votre générosité. C’est ce qui nous permet de répondre à l’immense soif spirituelle de nos contemporains et ce, avec une exigence de qualité journalistique reconnue, et de donner la parole à ceux qu’on n’entend jamais ailleurs.
Mais aujourd’hui, nous arrivons à un moment décisif. Partout, les médias indépendants sont fragilisés, attaqués, précarisés. Pendant que quelques grandes fortunes verrouillent toujours davantage le paysage médiatique, les médias chrétiens et tous ceux qui refusent de se soumettre sont maintenus sous pression permanente.
Le Journal Chrétien et sa chaîne Chrétiens TV, diffusée sur le canal 246 de la Freebox, n’échappent pas à cette réalité. Oui, nos médias chrétiens pourraient disparaître si nous ne parvenons pas à toucher de nouveaux donateurs dans les prochains mois.
Je soutiens le Journal Chrétien !
Au moment où les milliardaires étendent leur emprise sur l’information, nous pensons au contraire qu’il faut plus de travail de terrain, plus de reportages, plus d’enquêtes, plus de pluralisme, plus de médias chrétiens capables de résister aux pressions religieuses, politiques et économiques. C’est pour cela que nous lançons un appel à la communauté chrétienne.
La question est simple : voulons-nous laisser mourir les médias chrétiens et laisser la presse ainsi que la télévision aux mains des grands groupes privés ?
Si vous lisez les articles du Journal Chrétien, regardez nos émissions sur Chrétiens TV, partagez nos contenus dans les réseaux sociaux ou pensez qu’une autre voix doit continuer d’exister dans le débat public, alors c’est maintenant qu’il faut agir.


