Rechercher sur le site

Entrez les mots-clés dans la boîte ci-dessous :

Le Journal Chrétien

Un média d’espérance

Inscription à la newsletter

Les Tunisiens sans illusions à l’approche des élections législatives

Je fais un don
PARTAGER SUR :

par Angus McDowall et Tarek Amara

TUNIS (Reuters) – Les élections législatives qui se dérouleront samedi en Tunisie apportent aux yeux du président Kaïs Saïed la dernière touche à la réorganisation institutionnelle qu’il a initiée après s’être arrogé les pleins pouvoirs l’an dernier, mais pour l’opposition qui va boycotter le scrutin, c’est le dernier jalon d’une dérive autoritaire.

Contrairement au Parlement que le chef de l’Etat a dissous l’an dernier pour faire taire les voix dissonantes, la nouvelle Assemblée n’aura que des pouvoirs limités et elle va être élue avec un cadre législatif qui restreint considérablement le rôle des partis politiques.

Kaïs Saïed, qui a gouverné par décret depuis la dissolution du Parlement en juillet 2021, a toujours affirmé que sa décision était conforme à la Constitution et nécessaire pour sortir la Tunisie de la paralysie politique. Il estime que le référendum organisé cet été pour approuver une nouvelle Constitution lui a octroyé la légitimité populaire.

Dans les rues de Tunis, rares sont pourtant les habitants qui se réjouissent du retour à un système présidentiel et affichent l’intention d’aller voter.

« Ce Parlement n’aura aucun pouvoir et les candidats ne sont intéressés que par l’obtention d’un poste et d’un salaire. Ils ne pourront rien faire, le président détient tous les pouvoirs », a déclaré à Reuters Lazhar Bousitta, 54 ans, vendeur de rasoirs dans le souk de Sidi el Bari, au centre de la capitale.

Les commerçants du quartier n’ont pas beaucoup de raisons de se motiver à voter: comme dans six autres circonscriptions, sur les 161 du pays, il y a à Sidi el Bari un seul candidat au poste de député.

Comme le souligne Lazhar Bousitta, la nouvelle Constitution a de plus considérablement limité les pouvoirs du Parlement, qui n’aura plus son mot à dire sur la formation du gouvernement, lequel n’aura pas davantage à rendre de comptes devant les députés.

Les Tunisiens ont plus généralement abandonné tous les espoirs nés de la « révolution de Jasmin » en 2011, au fil d’une transition démocratique qui a progressivement déraillé, plombée par les luttes politiques et la frustration économique.

Les élections législatives se tiendront samedi à la date anniversaire de l’immolation de Mohamed Bouazizi, qui avait précipité le soulèvement populaire contre le président Zine el Abidine Ben Ali, début des « printemps arabes ».

URGENCE ÉCONOMIQUE

Si la Tunisie a pendant un temps semblé mieux garder le cap des réformes démocratiques que ses voisins – l’Egypte, retombée sous la coupe des militaires, ou la Libye, le Yémen et la Syrie, qui ont sombré dans la guerre civile -, ce n’est plus le cas aujourd’hui.

Pour Kaïs Saïed et ses partisans, les partis post-révolutionnaires qui dénoncent la dérive autoritaire du président sont responsables de la faillite politique et économique de la Tunisie.

Les sondages et les reportages de la presse étrangère sur les candidats étant interdits par la loi électorale, il y a peu d’indications sur l’intérêt des Tunisiens pour le scrutin, alors que la participation au référendum constitutionnel l’été dernier n’a pas dépassé 30%, par apathie ou boycott.

L’issue du vote ne fait en revanche guère de doute, les partis d’opposition comme la principale centrale syndicale tunisienne ayant une nouvelle fois appelé au boycott.

Décrédibilisés par des années de transition politique chaotique, les partis issus de la révolution de 2011 restent impopulaires mais ils se sont trouvés un ennemi commun: Kaïs Saïed.

Réunis samedi dans le centre de Tunis à l’appel du « Front de salut national », des partisans du parti islamiste Ennahda comme de l’ancien président Ben Ali ont réclamé la démission du chef de l’Etat, en brandissant pour certains la pancarte « Dégage! » emblématique de la révolution de 2011.

« Ces élections législatives sont une farce. Elles n’ont aucune légitimité et violent la Constitution », a dit Sami Tbessi, un des manifestants.

Pour la plupart des Tunisiens auxquels Reuters a pu parler dans le souk Sidi el Bari, le projet politique de Kaïs Saïed n’a pas autant d’importance que l’urgence économique, dans un pays durement frappé par les conséquences de la pandémie de COVID-19 et l’inflation.

Hossam Zayani, qui survit en vendant des cigarettes et se dit incapable de payer son loyer et ses factures d’électricité et d’eau, le salut passe par un départ vers l’Europe avec sa femme et leur fille.

« Je ne voterai pas. Le Parlement ne fera rien pour nous », tranche-t-il.

Comme lui, les Tunisiens sont de plus en plus nombreux à entreprendre la dangereuse traversée en bateau en direction des côtes italiennes, selon l’Organisation internationale pour les migrations et les organisations d’aide aux réfugiés.

(Reportage d’Angus McDowall et Tarek Amara, version française Tangi Salaün, édité par Sophie Louet)

tagreuters.com2022binary_LYNXMPEIBB0JT-BASEIMAGE


Dans un paysage médiatique marqué par le mensonge, les fake news, les calomnies et les attaques contre les Evangéliques, le Journal Chrétien se positionne comme le média de la vérité qui propose une information indépendante et fiable, non biaisée par des intérêts d'actionnariat ou publicitaires.
JE FAIS UN DON MAINTENANT

Un service de presse reconnu par l'Etat

Le Journal Chrétien est un service de presse en ligne bénéficiant d’un agrément de la Commission paritaire des publications et agences de presse du Ministère de la Culture. Il est membre du Syndicat de la Presse Indépendante d’Information en Ligne (SPIIL), un syndicat professionnel français créé en afin de défendre les intérêts professionnels des éditeurs de presse en ligne indépendants. Il fait partie des sources d'information officielles de Google actualités dans tous les pays francophones. Dans un paysage médiatique marqué par le mensonge et les fake news et les calomnies, le Journal Chrétien se positionne comme le média de la vérité qui passe l'information au tamis de l'Évangile. Nos journalistes et correspondants essaient de s'approcher de la vérité des faits avec beaucoup d'humilité. Le professionnalisme des experts impliqués dans le Journal Chrétien garantit une procédure de sélection de grande qualité et un suivi des projets très rigoureux.
Quand les pasteurs et leurs églises sont victimes de dénonciations calomnieuses, le Journal Chrétien mène des investigations pour rétablir la vérité.
En plus de son activité éditoriale remarquable, le Journal Chrétien est l’éditeur de Bible.audio, une vaste plateforme de ressources bibliques comprenant une vingtaine de traductions bibliques, la Bible audio, la Bible interlinéaire, le comparateur de versions, la concordance biblique, les commentaires bibliques, les dictionnaires bibliques et les lexiques bibliques.
Il dispose également d'une chaîne de télévision chrétienne dénommée Chrétiens TV, qui diffuse ses programmes sur le canal 246 de la Freebox en France. Elle s’adresse à tous ceux qui souhaitent nourrir leur réflexion, leur foi ou simplement découvrir des programmes porteurs de sens et de bienveillance.

Ensemble, construisons un espace où la foi est honorée, respectée et protégée !

Les commentaires sont fermés.

LES ARTICLES LES PLUS LUS