Le Ghana durcit à son tour sa législation contre les LGBTQ
ACCRA, 29 mai (Reuters) – Le Parlement du Ghana a adopté vendredi une loi criminalisant ce qu’elle présente comme la promotion de l’activité LGBTQ, nouvelle illustration d’une répression accrue contre les minorités sexuelles en Afrique de l’Ouest.
La loi sur les Droits sexuels humains et les Valeurs familiales a été adoptée par acclamation après l’avis favorable rendu à l’unanimité par la commission constitutionnelle et des affaires juridiques, a annoncé le premier vice-président du Parlement, Bernard Ahiafor.
Ce texte a été présenté l’an dernier peu après l’entrée en fonction du président John Dramani Mahama, qui va désormais devoir la promulguer. Des chefs religieux et les partisans de cette loi avaient fait pression sur les élus du parti présidentiel, le Congrès démocratique national, pour son adoption par le Parlement.
La loi maintient la peine existante de trois ans de prison pour relation sexuelle entre personnes du même sexe. Elle interdit le « financement, le soutien ou la promotion » des actes LGBTQ, avec des peines de prison allant de trois à cinq ans. Elle introduit « une obligation de signaler » les actes LGBTQ interdits à la police ou à toute autre autorité, sous peine d’encourir trois ans de prison.
Le Sénégal a adopté en mars une loi doublant à 10 ans de prison la peine maximale prévue pour relation sexuelle entre personnes du même sexe et criminalisant toute promotion de l’homosexualité. Cette loi prévoit aussi une amende de 10 millions de francs CFA (15.245 euros), contre 1,5 million auparavant, pour les « actes contre nature », détaillés comme étant l’homosexualité, la bisexualité, la transexualité, la zoophilie et la nécrophilie.
Malgré les pressions d’organisations de défense des droits de l’homme et du Haut Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme Volker Türk, le président Bassirou Diomaye Faye a promulgué ce texte adopté à une large majorité par les députés sénégalais.
(Emmanuel Bruce et Christian Akorlie, rédigé par Robbie Corey-Boulet, version française Bertrand Boucey)
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