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Le Donbass au coeur des tractations sur le plan de paix

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KYIV/MOSCOU, 12 décembre (Reuters) – La question d’un retrait des troupes ukrainiennes du Donbass, réclamé par Moscou, est au coeur des tractations sur le plan de paix américain en Ukraine qui s’intensifient et devraient donner lieu à de nouvelles discussions et réunions au plus haut niveau dans les prochains jours.

Volodimir Zelensky a déclaré jeudi que les Etats-Unis avaient présenté un compromis proposant la création d’une « zone économique libre » dans la partie de l’oblast de Donetsk – l’une des deux régions avec celle de Louhansk formant le Donbass dans l’est de l’Ukraine – encore contrôlée par Kyiv.

« Le compromis supposerait que les troupes russes n’entreraient pas dans cette partie de la région de Donetsk. Ils (les Américains) ne savent pas qui gouvernerait ce territoire », a expliqué le président ukrainien, ajoutant que la Russie parlait pour sa part de « zone démilitarisée ».

Selon le quotidien Le Monde, Kyiv aurait accepté la mise en place d’une zone démilitarisée avec l’aval des Européens. « Une zone démilitarisée devra exister de part et d’autre de la ligne » de front, a déclaré au quotidien Mykhaïlo Podoliak, conseiller de Volodimir Zelensky.

« Il faudra décrire, de manière logique et juridique, si tous les types d’armements doivent être retirés ou uniquement les armes lourdes (…) et « définir clairement et précisément quels volumes et quelles missions seront confiés aux tiers », a-t-il dit en souhaitant « idéalement » que les Etats-Unis participent à cette force de supervision.

Volodimir Zelensky a toutefois souligné qu’il n’existait toujours aucun terrain d’entente sur la question des territoires et que toute concession territoriale de l’Ukraine devrait être validée par une élection ou un référendum.

MOSCOU ÉVOQUE LE DÉPLOIEMENT DE LA GARDE NATIONALE RUSSE

L’Ukraine, qui s’efforce d’amender le plan de paix initial en 28 points présenté par l’administration de Donald Trump, jugé trop favorable à Moscou, a remis mercredi à Washington une version modifiée en 20 points avec l’appui de l’Allemagne, de la France et du Royaume-Uni.

Le conseiller de Vladimir Poutine pour la politique étrangère Iouri Ouchakov a déclaré que la Russie n’avait pas encore vu ces nouvelles propositions. « Nous pourrions ne pas aimer beaucoup d’éléments, c’est comme cela que je le ressens », a-t-il dit à la presse, prédisant de longues négociations.

Quant à la question d’un référendum ukrainien, le diplomate a rejeté d’emblée l’hypothèse en affirmant que le Donbass appartenait à la Russie.

Dans une interview au journal Kommersant, Iouri Ouchakov a répété qu’un cessez-le-feu ne serait envisageable qu’une fois que les troupes ukrainiennes auraient quitté l’ensemble du Donbass, « par la négociation ou par des moyens militaires ».

Il a jugé « tout à fait possible » qu’il n’y ait aucune armée, ni ukrainienne ni russe, déployée dans la partie de l’oblast de Donetsk encore contrôlée par l’Ukraine. « Mais il y aura la garde nationale russe, notre police », a-t-il cependant ajouté.

Forte de 400.000 hommes, la Garde nationale russe est une force paramilitaire disposant, en vertu d’une loi de 2023, du droit d’acquérir et d’utiliser des armes lourdes, des blindés et de l’artillerie.

UN ACCORD D’ICI NOËL ?

Concernant les autres territoires disputés, Volodimir Zelensky a déclaré jeudi qu’un retrait des forces russes des zones qu’elles occupent dans les régions de Kharkiv et Soumy, dans le nord-est de l’Ukraine, était en discussion.

Les lignes de contact dans les régions de Zaporijjia et Kherson, dans le sud de l’Ukraine, seraient gelées, a-t-il ajouté, précisant que les Etats-Unis proposaient également de gérer conjointement l’exploitation de la centrale nucléaire de Zaporijjia, occupée par les Russes.

L’Ukraine est pressée de conclure un accord par le président américain Donald Trump, qui ne cesse de manifester son impatience. Selon certains médias, il aurait ainsi donné à l’Ukraine jusqu’à Noël pour accepter son plan de paix.

« Je pense qu’ils souhaitaient vraiment, ou souhaitent peut-être encore, avoir une compréhension complète de notre position concernant cet accord d’ici Noël », a nuancé Volodimir Zelensky.

Alors qu’était évoquée l’hypothèse d’une réunion samedi à Paris entre Américains, Ukrainiens et les pays du groupe E3 (Allemagne, France, Royaume-Uni), un responsable français à l’Elysée a déclaré vendredi soir qu’une telle rencontre n’aurait pas lieu.

Ukrainiens, Européens et Américains continuent de s’efforcer de parvenir à une position commune, y compris sur des garanties de sécurité à l’Ukraine, mais ces travaux n’ont pas encore débouché sur un document conjoint, a ajouté ce responsable, précisant que les discussions allaient se poursuivre dans les prochains jours. Il n’a pas dit si les Etats-Unis avaient fixé une date butoir.

Interrogé jeudi sur le point de savoir si les Etats-Unis étaient prêts à envoyer un représentant ce week-end en Europe, Donald Trump a répondu que cela dépendrait des chances de progrès en vue d’un cessez-le-feu.

« Nous participerons à la réunion samedi en Europe si nous pensons qu’il y a une bonne chance », a-t-il dit. « Nous ne voulons pas perdre notre temps si nous pensons que c’est négatif. »

L’Allemagne a néanmoins annoncé une réunion lundi à Berlin.

Volodimir Zelensky y rencontrera notamment le chancelier allemand Friedrich Merz « pour discuter de l’état des pourparlers de paix en Ukraine », a fait savoir un porte-parole du gouvernement allemand. Plusieurs dirigeants européens et les responsables de l’Union européenne et de l’Otan seront aussi présents, a-t-il ajouté.

(Yuliia Dysa à Kyiv, avec la rédaction de Reuters à Moscou, Andrea Shalal à Washington, John Irish et Louise Rasmussen à Paris, Jean-Stéphane Brosse pour la version française, édité par Kate Entringer)

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