La Commission européenne va proposer de nouvelles mesures ciblant Israël, annonce von der Leyen
BRUXELLES (Reuters) – La Commission européenne va proposer de sanctionner certains ministres israéliens jugés extrémistes et de suspendre partiellement l’accord d’association de l’Union européenne (UE) avec Israël, en ciblant les questions commerciales, a déclaré mercredi sa présidente, Ursula von der Leyen.
Dans un discours sur l’état de l’Union prononcé devant le Parlement européen à Strasbourg, Ursula von der Leyen a également déclaré que la Commission suspendrait son soutien bilatéral à Israël, sans affecter toutefois la collaboration avec la société civile israélienne et Yad Vashem, le principal mémorial israélien de l’Holocauste. Ursula von der Leyen n’a pas donné de détails sur l’ampleur de l’impact financier.
Ursula von der Leyen a précisé que les propositions se voulaient également un signal politique. « Ce qui se passe à Gaza a ébranlé la conscience du monde », a-t-elle dit devant le Parlement européen.
La présidente de la Commission européenne n’a cependant pas nommé les ministres israéliens visés ni précisé les « mesures commerciales » qu’elle proposerait de suspendre.
Les propositions de la Commission nécessiteraient un soutien large ou unanime de la part des États membres de l’UE.
La Commission avait précédemment proposé de restreindre l’accès d’Israël à son programme phare de financement de la recherche, mais n’avait pas réussi à obtenir un soutien suffisant des pays membres de l’UE pour cette initiative.
La Commission fera désormais ce qu’elle peut par elle-même, a prévenu la cheffe de l’exécutif européen.
Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, a qualifié de « regrettables » les commentaires d’Ursula von der Leyen et a estimé que la présidente était consciente des efforts déployés par Israël pour apporter une aide humanitaire et que les souffrances à Gaza étaient dues au Hamas.
« La présidente de la Commission commet une erreur en cédant aux pressions d’éléments qui cherchent à nuire aux relations entre Israël et l’Europe », a-t-il écrit dans un message publié sur X.
L’UE est le premier partenaire commercial d’Israël, les échanges de marchandises entre les deux parties s’élevant à 42,6 milliards d’euros en 2024, selon les données européennes.
Un document d’options préparé en juillet par le service diplomatique de l’UE indique que la suspension de l’ensemble du chapitre commercial de l’accord d’association régissant les relations avec Israël entraînerait le retrait des préférences commerciales accordées aux produits israéliens entrant dans l’UE.
Cela nécessiterait un vote à la majorité qualifiée des gouvernements des Vingt-Sept, soit le soutien de 15 membres de l’union représentant 65% de la population de l’UE.
L’Irlande, l’Espagne, le Danemark, la Suède et les Pays-Bas, ont notamment appelé à la suspension d’un accord de libre-échange entre l’UE et Israël. D’autres pays, tels que l’Allemagne, la Hongrie et la République tchèque, se sont opposés à de telles mesures.
Des sanctions européennes à l’encontre d’individus nécessitent le soutien unanime des États membres. La Hongrie a bloqué une proposition existante visant à sanctionner les colons violents.
« Je suis consciente qu’il sera difficile de trouver une majorité. Et je sais que toute action sera excessive pour certains et insuffisante pour d’autres. Mais nous devons tous assumer nos responsabilités », a insisté Ursula von der Leyen mercredi.
La présidente de la Commission a déclaré que l’institution mettrait en place le mois prochain un groupe de donateurs pour la Palestine, comprenant un instrument pour la reconstruction de Gaza.
(Lili Bayer, Andrew Gray et Emma Pinedo Gonzalez, version française Blandine Hénault et Etienne Breban, édité par Augustin Turpin)
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