Japon-Le Premier ministre Kishida quittera le pouvoir en septembre
TOKYO (Reuters) – Le Premier ministre japonais Fumio Kishida a annoncé mercredi qu’il quitterait le pouvoir en septembre, au terme d’un mandat de trois ans émaillé de scandales politiques.
« Je continuerai de faire tout mon possible en tant que Premier ministre jusqu’à la fin de mon mandat en septembre », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse télévisée organisée pour expliquer sa décision de ne pas être candidat à sa réélection à la tête du Parti libéral-démocrate (PLD).
Le candidat qui remportera cette élection, prévue en septembre, deviendra probablement Premier ministre de la quatrième économie mondiale.
Le soutien de l’opinion publique en faveur de Fumio Kishida a notamment souffert des révélations concernant des liens controversés existant entre l’Eglise de l’unification, ou secte Moon, et certains membres de son gouvernement.
Plus récemment, ce sont des révélations sur des donations reçues lors de collectes de fonds organisées par le PLD n’ayant pas été enregistrées qui ont encore détérioré l’image du Premier ministre.
Le successeur de Fumio Kishida aura la tâche délicate d’unifier le parti, de lutter contre la hausse du coût de la vie, de gérer les tensions géopolitiques avec la Chine et de se préparer à un possible retour de Donald Trump à la Maison blanche.
RUPTURE
Au cours de son mandat, Fumio Kishida a rompu avec la politique économique qui favorisait surtout les profits des entreprises, pour augmenter plutôt le pouvoir d’achat des ménages avec des hausses de salaires et la promotion de l’actionnariat.
Il a sorti le Japon de la pandémie de coronavirus avec des dépenses de relance massives et a également nommé l’universitaire Kazuo Ueda à la tête de la Banque du Japon (BoJ) pour guider le Japon hors de la politique monétaire radicale de son prédécesseur.
En juillet, la BoJ a augmenté de manière inattendue ses taux d’intérêt alors que l’inflation prenait de l’ampleur, contribuant à l’instabilité du marché boursier et faisant grimper fortement le yen.
Shoki Omori, stratège en chef du bureau japonais de Mizuho Securities à Tokyo, estime que son départ pourrait signifier des conditions budgétaires et monétaires plus strictes, selon le candidat élu.
« En bref, les actifs à risque, en particulier les actions, seront probablement les plus touchés », a-t-il déclaré.
Sous l’impulsion de Washington, Fumio Kishida a également contribué à améliorer les relations tendues avec la Corée du Sud, permettant aux deux pays et à leur allié commun, les États-Unis, de poursuivre une coopération plus approfondie en matière de sécurité face à la menace de la Corée du Nord.
« Personnellement, j’aurais aimé qu’il reste encore un peu plus longtemps au poste de Premier ministre. Peut-être était-il stressé (par sa faible audience) et, compte tenu de toutes les circonstances qui l’entourent, je suppose qu’il n’a pas d’autre choix que de démissionner », a déclaré Naoya Okamoto, un employé de bureau de 22 ans à Tokyo.
SUCCESSEUR
L’ancien ministre de la Défense, Shigeru Ishiba, s’est déjà porté candidat à sa succession, affirmant vouloir « accomplir son devoir » s’il recueillait suffisamment de soutiens, a rapporté la chaîne publique NHK.
Parmi les autres noms évoqués figurent la ministre des Affaires étrangères Yoko Kamikawa, le ministre du Numérique Taro Kono et l’ancien ministre de l’Environnement Shinjiro Koizumi.
Les experts estiment que le PLD devra choisir un nouveau visage afin de rompre avec les scandales qui ont récemment entaché le parti, pour survivre aux élections générales prévues au plus tard au troisième trimestre 2025.
« Si le PLD choisit son prochain dirigeant en ignorant les critiques publiques concernant les scandales de financement politique, le parti pourrait subir une défaite écrasante, juge l’analyste politique Atsuo Ito.
« Le parti doit choisir quelqu’un de jeune qui n’a aucun lien avec l’administration actuelle et qui puisse ainsi représenter un nouveau PLD. »
(Reportage Tim Kelly, Sakura Murakami, Kiyoshi Takenaka, Rocky Swift, Tetsushi Kajimoto, Kiyoshi Takenaka, Akiko Okamoto et Kevin Buckland ; version française Camille Raynaud et Kate Entringer)
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