Grand-Bretagne: La Cour suprême étudie la validité d’un nouveau référendum en Ecosse
par Michael Holden
LONDRES (Reuters) – La Cour suprême du Royaume-Uni a entamé mardi deux journées d’audition pour décider si l’Ecosse est habilitée ou non à organiser un nouveau référendum sur l’indépendance sans l’aval du Parlement britannique.
« Il faudra probablement des mois avant que nous rendions notre décision », a prévenu Robert Reed, le président de la plus haute instance judiciaire britannique, à l’ouverture des débats qui constituent d’après lui la « partie émergée de l’iceberg ».
La Première ministre écossaise Nicola Sturgeon qui dirige le Parti national écossais (SNP, indépendantiste), entend organiser ce référendum le 19 octobre 2023 et souhaite qu’il soit légal et reconnu internationalement.
A l’image de son prédécesseur Boris Johnson, la Première ministre britannique, Liz Truss, refuse d’autoriser cette consultation en soulignant que les Ecossais ont déjà voté en 2014, et rejeté l’indépendance par 55% des voix contre 45%.
Selon Downing Street, un tel scrutin ne peut avoir lieu qu’une fois par génération mais le SNP fait valoir que le vote des Britanniques en faveur de la sortie de l’Union européenne en 2016, le Brexit auquel la majorité des électeurs écossais se sont opposés, a changé la donne.
La question que doit trancher la Cour suprême est de savoir si le gouvernement écossais est habilité à faire voter une loi autorisant un nouveau référendum sans l’aval du Parlement britannique.
D’après le Scotland Act de 1998, qui a créé le Parlement écossais et retiré certaines prérogatives à celui de Westminster, toutes les questions relatives à l’Union des royaumes d’Ecosse et d’Angleterre sont du seul ressort du Parlement britannique. Ce qui signifie d’après Londres que seul le gouvernement britannique peut approuver la tenue d’un référendum.
Le SNP, qui domine la scène politique écossaise depuis plus de dix ans et s’est adjugé une écrasante majorité des sièges mis en jeu en Ecosse lors des législatives britanniques de 2019, rétorque que l’opinion des Ecossais est tout bonnement ignorée.
(version française Jean-Stéphane Brosse, édité par Nicolas Delame)
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