Gaza: Au moins 36 morts dans des frappes israéliennes, notamment sur une école, selon les autorités sanitaires locales
par Nidal al-Mughrabi et Dawoud Abu Alkas
LE CAIRE/GAZA (Reuters) – Au moins 36 Palestiniens ont été tués mercredi dans des frappes israéliennes dans la bande de Gaza, notamment contre une école qui abritait des familles déplacées et un hôpital pour enfants, ont déclaré les autorités sanitaires locales.
La frappe sur l’école Yaffa du quartier de Tuffah, dans la ville de Gaza, a fait au moins dix morts et des tentes et des salles de classe où des familles déplacées s’étaient réfugiées ont été incendiées.
L’armée israélienne a déclaré avoir ciblé l’école car, selon elle, des combattants du Hamas et de son allié du Djihad islamique y exerçaient une activité, ajoutant avoir pris des précautions pour minimiser les dégâts infligés aux civils.
Des meubles brûlaient encore plusieurs heures après l’attaque, alors que des personnes fouillaient les salles de classe et la cour de l’école à la recherche de certains de leurs biens.
« Nous dormions et soudain quelque chose a explosé, nous avons commencé à chercher et avons trouvé toute l’école en feu, les tentes ici et là étaient en feu, tout était en feu », a raconté Oum Mohammed al Houaiti.
« Les gens criaient, des hommes transportaient des gens, des personnes carbonisées, des enfants calcinés, et marchaient en disant : ‘Mon Dieu, mon Dieu, nous n’avons que toi' », a-t-elle dit à Reuters.
Dans le nord de la ville de Gaza, un missile israélien a frappé la partie supérieure de l’hôpital pour enfants de Durra, a déclaré le ministère de la Santé de l’enclave. L’unité de soins intensifs a été endommagée et le système de panneaux solaires qui alimente l’établissement a été détruit, alors qu’Israël continue d’empêcher l’approvisionnement électrique et les importations de carburant sur le territoire. Le bombardement n’a pas fait de victimes.
Israël affirme que son blocus vise à faire pression sur les combattants du Hamas, qui contrôlent Gaza, afin qu’ils libèrent les 59 otages israéliens encore présents dans l’enclave. Le Hamas se dit prêt à les libérer, mais uniquement dans le cadre d’un accord qui mettrait fin à la guerre.
Israël a imposé un blocus total sur toutes les livraisons à Gaza depuis le début du mois dernier et a relancé ses opérations militaires le 18 mars après un relatif cessez-le-feu.
Depuis lors, les frappes israéliennes ont tué plus de 1.600 Palestiniens, selon les autorités sanitaires locales, et des centaines de milliers de personnes ont été contraintes de quitter leur domicile alors qu’Israël s’emparait d’une zone dite « tampon » dans le nord du territoire.
Selon le ministère de la Santé de Gaza, de nombreuses victimes sont coincées sous les décombres et abandonnées sur les routes, car les bombardements en cours empêchent les équipes de secours de les atteindre.
Par ailleurs, l’armée israélienne a déclaré mardi avoir frappé 40 « véhicules du génie » qui auraient été utilisés pour des « actions terroristes », compliquant encore le travail des secouristes.
« Les engins déblayent les rues et récupèrent les martyrs (morts) sous les maisons. Depuis un an, certaines personnes n’ont toujours pas été extraites des décombres », a déploré Nasser Mohammed Nasser, non loin de plusieurs épaves de bulldozers et de camions détruits à Djabalia, dans le nord de l’enclave.
(Rédigé par Nidal al-Mughrabi, avec Mahmoud Issa à Gaza ; version française Kate Entringer, édité par Sophie Louet)
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