Le directeur de l’AIEA craint un incident nucléaire dans la région russe de Koursk
KOURTCHATOV, Russie (Reuters) – Le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, a visité mardi le site de la centrale nucléaire russe de Koursk, visée selon Moscou par des attaques des forces ukrainiennes positionnées à 40 km de là depuis leur offensive lancée début août dans la région.
Le chef de l’agence onusienne a supervisé sur place une mission d’inspection qu’il entendait mener « personnellement compte tenu de la gravité de la situation ».
Après sa visite de la centrale, Rafael Grossi a déclaré qu’il existait un risque d' »incident nucléaire » et que la situation était grave.
« Le danger ou la possibilité d’un incident nucléaire a émergé près d’ici », a-t-il déclaré à des journalistes, faisant référence aux combats qui avaient lieu dans la région de Koursk.
La centrale de Koursk est dotée de quatre réacteurs RMBK remontant à l’époque soviétique – dont deux sont encore opérationnels – du même type que ceux de Tchernobyl, en Ukraine.
Elle est extrêmement fragile, a déclaré Rafael Grossi lors d’une conférence de presse, car elle ne possède pas de dôme de protection.
Le site fonctionne actuellement dans des conditions très proches de la normale, a-t-il ajouté, ce qui signifie que les risques sécuritaires sont encore plus élevés.
Les forces russes occupent le site de la centrale de Tchernobyl accidentée en 1986 et celui de Zaporijjia depuis l’invasion de février 2022. Moscou et Kyiv s’accusent régulièrement de mettre en danger la sécurité des installations de Zaporijjia.
L’oblast de Koursk, frontalier de l’Ukraine, est le théâtre depuis le 6 août d’une offensive de l’armée ukrainienne.
La centrale nucléaire de Koursk est située à Kourtchatov, à 40 km à l’ouest de la ville de Koursk.
(Bureau de Reuters, rédigé par Guy Faulconbridge, Lucy Papachristou et Mark Trevelyan ; Jean-Stéphane Brosse et Kate Entringer pour la version française, édité par Zhifan Liu)
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