L’ambassadeur de l’UE en Suisse exclut toute concession sur un éventuel traité
L’Union européenne ne discutera plus des sujets qui bloquent les négociations sur un traité bilatéral avec la Suisse et les pourparlers sur ces points sont terminés, a déclaré son ambassadeur dans le pays helvétique.
« Ce que nous n’allons pas faire, c’est rouvrir les dossiers de controverse », a dit Petros Mavromichalis dans une interview publiée dimanche par le journal Blick. « Les négociations sont terminées. »
La Suisse a réclamé des clarifications sur des thèmes tels que les aides publiques, l’accès des citoyens européens à son système social et la possibilité de mesures unilatérales de protection de ses salariés face à la concurrence de travailleurs transfrontaliers aux salaires moins élevés.
Petros Mavromichalis a jugé que les exigences de la Suisse, notamment l’obligation qui serait faite aux entreprises de l’Union européenne de déclarer huit jours à l’avance leur intention d’exercer sur son territoire, étaient inacceptables.
« Quatre jours, c’est suffisant », a-t-il déclaré, ajoutant que le dépôt d’une caution par les entreprises européennes pour couvrir d’éventuelles amendes pour infraction à la législation du travail était lui aussi hors de question.
« Si vous supposez qu’une entreprise est criminelle simplement parce qu’elle n’est pas suisse, c’est plutôt insultant », a-t-il dit.
Le traité en négociation porte sur les relations dans cinq domaines, pour lesquels la Suisse adopterait les normes du marché unique européen. Il s’agit de la liberté de circulation, de l’aviation civile, du transport terrestre, de la reconnaissance mutuelle des normes industrielles et des produits alimentaires transformés.
Ce projet est contesté en Suisse aussi bien par les conservateurs hostiles à l’immigration en provenance de l’UE que par les syndicats inquiets d’une concurrence sur le marché du travail susceptible d’entraîner une baisse des rémunérations dans un pays aux salaires avantageux.
(John Miller; Version française Bertrand Boucey)
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