Des progrès importants signalés entre USA et Iran, nouvelle réunion en vue
par Parisa Hafezi et Olivia Le Poidevin
GENÈVE, 26 février (Reuters) – Les Etats-Unis et l’Iran ont effectué jeudi à Genève des progrès significatifs pour régler leur différend de longue date sur le programme nucléaire iranien, a déclaré le chef de la diplomatie d’Oman, qui sert de médiateur à ces négociations, sur fond de renforcement de la présence militaire américaine au Proche-Orient qui suscite la crainte de possibles frappes en Iran.
Les deux camps prévoient de prendre part à une nouvelle réunion sous peu, une fois menées des consultations auprès de leurs capitales respectives, a écrit le ministre omanais des Affaires étrangères, Sayyid Bader Alboussaïdi, sur le réseau social X à l’issue des pourparlers organisés en Suisse.
Toute avancée concrète vers une résolution du différend entre Washington et Téhéran est à même d’apaiser les craintes que le président américain Donald Trump mette à exécution sa menace d’une attaque contre l’Iran – un scénario susceptible d’embraser la région.
La réunion de jeudi rassemblait à nouveau les émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner et le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araqchi, neuf jours après un précédent cycle de discussions, déjà à Genève.
Une première session a eu lieu dans la matinée, puis une seconde l’après-midi.
« Nous avons terminé la journée après des progrès significatifs dans les négociations entre les Etats-Unis et l’Iran », a déclaré Sayyid Bader Alboussaïdi.
Pour sa part, décrivant les pourparlers comme les plus sérieux jamais survenus entre Washington et Téhéran, Abbas Araqchi a déclaré à la télévision publique iranienne que les deux camps étaient « parvenus à une entente sur certaines questions », ajoutant qu’il y avait toutefois « des divergences à propos de certaines autres questions ».
« Il a été décidé que le nouveau cycle de négociations aurait lieu bientôt, dans moins d’une semaine », a fait savoir le ministre iranien des Affaires étrangères. Il a indiqué que Téhéran avait clairement exprimé sa volonté que les sanctions imposées par Washington soient allégées.
Aucun commentaire n’a été effectué dans l’immédiat par la délégation américaine présente à Genève.
LES MISSILES BALISTIQUES, UN « PROBLÈME MAJEUR »
L’administration de Donald Trump a réclamé par le passé que des sujets autres que le nucléaire iranien soient évoqués, tels le programme balistique de l’Iran, ce qu’a exclu Téhéran, citant une « ligne rouge ».
En parallèle aux cycles de négociation, le président américain a continué de renforcer la présence militaire massive des Etats-Unis au Proche-Orient, indiquant clairement qu’une attaque contre l’Iran demeurait une option.
Avant la fin des discussions à Genève, un représentant iranien de haut rang a déclaré jeudi à Reuters qu’un cadre d’accord était possible entre l’Iran et les Etats-Unis à condition que Washington sépare « la question du nucléaire et les autres questions ».
Les Etats-Unis, et leur allié Israël, disent penser que les autorités iraniennes cherchent à se doter de l’arme atomique, ce que nie l’Iran, qui répète que son programme nucléaire est uniquement destiné à des fins pacifiques. L’administration Trump veut que Téhéran abandonne complètement l’enrichissement d’uranium.
Donald Trump avait évoqué plus tôt ce mois-ci un délai de quinze jours maximum pour trouver un terrain d’entente dans les négociations, sous peine d’envisager une frappe limitée contre l’Iran. Il a semblé préparer le terrain à cette hypothèse lors de son discours sur l’état de l’Union, mardi au Congrès.
Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a déclaré mercredi soir que le refus de l’Iran d’aborder la question de son programme de missiles balistiques constituait un « problème majeur » qui devrait être résolu tôt ou tard, estimant que ces missiles étaient « conçus exclusivement pour frapper l’Amérique » et représentent une menace pour la stabilité régionale.
« Si l’on ne parvient même pas à progresser sur le programme nucléaire, il sera difficile d’avancer également sur celui des missiles balistiques », a-t-il dit à des journalistes.
Les dirigeants iraniens affirment que leur programme nucléaire reste conforme au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), qu’ils ont ratifié en 1970. Le TNP autorise les activités nucléaires civiles en échange d’un renoncement aux armes atomiques et d’une coopération avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).
(Olivia Le Poidevin et Manuel Ausloos à Genève, Parisa Hafezi à Dubai, avec Steve Holland, Patricia Zengerle, David Brunnstrom, Katharine Jackson et Joseph Ax à Washington, Francois Murphy à Vienne, Rami Ayyub à Jérusalem; version française Camille Raynaud, Blandine Hénault et Jean Terzian)
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