Un Américain d’origine palestinienne tente de résister aux colons en Cisjordanie
par Pesha Magid, Ammar Awad et Sinan Abu Mayzer
QUSRA, CISJORDANIE, 18 août (Reuters) – Loui Ridi, un Américain d’origine palestinienne, a hissé un drapeau américain géant au-dessus de sa maison en Cisjordanie, dans l’espoir que cela dissuaderait les colons militants qui assiègent sa propriété.
Mais cela n’a pas suffi à empêcher l’un d’entre eux de pénétrer sur son terrain mardi, lors d’un face-à-face tendu.
Loui Ridi est arrivé à Qusra lundi soir après avoir quitté les États-Unis, craignant de perdre sa propriété au profit de colons juifs qui encerclent depuis plus d’une semaine trois maisons palestiniennes du village, ce qui a suscité la condamnation des États-Unis.
Loui Ridi, qui a grandi dans ce village de Cisjordanie occupée par Israël, faisait mardi sa promenade matinale parmi ses cerisiers et ses figuiers lorsqu’un colon s’est approché depuis la colline surplombant le village, donnant lieu à une altercation filmée par Reuters, seul média présent sur place.
« Tu es venu semer le trouble, hein ? », a déclaré le colon en hébreu en s’approchant, tenant ce qui semblait être une Torah dans une main et filmant Ridi avec un téléphone portable.
« Tu es un colon terroriste, tu le sais ? », a rétorqué Ridi, qui filmait lui aussi avec son téléphone portable.
Un véhicule militaire israélien est passé à plusieurs reprises avant que des soldats ne s’approchent et ne s’adressent au colon, lui indiquant qu’il s’agissait d’une zone militaire interdite.
« Je partirai s’ils partent. Il y a beaucoup de gars ici. On ne fait que défendre notre territoire. S’ils entrent dans la maison, on partira », a déclaré le colon aux soldats.
Le colon a fini par reprendre la route avant d’être rejoint par deux autres colons, et n’a pas répondu à une question de Reuters sur ce qu’il faisait là. Finalement, ils ont gravi la colline d’un pas nonchalant et ont disparu de la vue.
« Restez à l’intérieur, ils s’en vont et vous serez à l’intérieur. Ne vous parlez pas entre vous, d’accord ? Je vais régler ce problème », a déclaré un soldat israélien à Loui Ridi, lui ordonnant de rentrer chez lui.
Loui Ridi a dit aux soldats que la présence du colon était illégale et qu’il devait être arrêté.
Cette confrontation illustre les tensions qui règnent dans le village, où les colons ont commencé à assiéger les habitations il y a plus d’une semaine, dans le cadre de ce que les organisations de défense des droits de l’homme qualifient d’effort plus large des colons pour s’emparer de nouvelles terres appartenant aux Palestiniens.
LE DRAPEAU AMÉRICAIN HISSÉ
L’armée israélienne a déclaré avoir déployé des forces dans la région pour tenter de contenir les colons et d’assurer la sécurité des habitants.
Mais comme les colons se trouvent toujours à l’extérieur, les familles ont peur de quitter leur domicile. À son arrivée, Loui Ridi a hissé le drapeau américain au-dessus de sa propriété.
« J’ai décidé de hisser ce drapeau. Si, Dieu nous en préserve, je ne parviens pas à protéger cette maison et que les colons finissent par s’installer ici, ils hisseront [leur] drapeau. Mais avant de hisser le leur, ils devront d’abord retirer le drapeau américain, et c’est là tout le message. »
Les actes de violence commis par des colons juifs en Cisjordanie sont en hausse, certains d’entre eux étant encouragés par le gouvernement du Premier ministre de droite Benjamin Netanyahou, qui a mené une expansion massive des colonies.
L’un des voisins de Loui Ridi, Ibrahim Hassan a déclaré à Reuters qu’il avait été contraint de fuir son domicile le mois dernier après que des colons, accompagnés d’hommes vêtus d’uniformes militaires verts, ont brisé les vitres de sa maison, y soient entrés et l’aient roué de coups.
L’armée israélienne n’a pas immédiatement répondu à une demande de commentaire.
LE DRAPEAU, « UNE FORME DE PROTECTION »
Les autorités américaines estiment que des dizaines de milliers d’Américains vivent en Cisjordanie occupée, dont beaucoup dans un groupe de villages situés entre Ramallah et Naplouse, où se trouve Qusra.
Dans le village voisin de Turmus Ayya, situé à environ sept km au sud-ouest de Qusra, les responsables locaux affirment que 80% de la population du village possède la nationalité américaine.
Yaser Alkam, 58 ans, porte-parole de la communauté palestino-américaine du village, a expliqué qu’il y avait plusieurs raisons pour lesquelles lui-même et de nombreux autres habitants du village hissaient des drapeaux américains au-dessus de leurs maisons.
« C’est une forme de sécurité, une forme de protection. Cela a un effet dissuasif non seulement sur les colons, mais aussi sur l’armée israélienne », a-t-il déclaré.
Il a également ajouté que cela envoyait un message direct à l’administration du président américain Donald Trump.
« Voici un citoyen américain attaqué en Cisjordanie par une armée financée par les impôts des Américains, avec des armes américaines utilisées pour s’en prendre à des Palestiniens américains en Cisjordanie », a déclaré Yaser Alkam.
L’ambassadeur des États-Unis en Israël, Mike Huckabee — fervent partisan de la colonisation juive en Cisjordanie — a qualifié jeudi les colons qui assiégeaient le domicile de Loui Ridi de « terroristes israéliens ».
Un responsable américain et un responsable israélien ont déclaré vendredi que des responsables de la Maison Blanche faisaient pression sur Benjamin Netanyahu pour qu’il condamne publiquement les agissements des colons.
Le Premier ministre israélien n’a pas commenté le siège à Qusra.
(Avec la participation de Rami Ayyub; Rédigé par Tom Perry, Version française Matthieu Huchet, édité par Benoit Van Overstraeten)
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
1. Menace sur le pluralisme et la diversité des opinions : En France, une poignée de milliardaires ou de grands groupes industriels (actifs dans le luxe, l'armement, le BTP ou les télécommunications) détiennent l'immense majorité des quotidiens nationaux, des chaînes de télévision et des radios. Cette emprise réduit la variété des points de vue, appauvrit le débat public et favorise les conflits d'intérêts.
2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
Agissez avec notre plateforme de médias chrétiens !
Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
Dans ce contexte, deux médias chrétiens, qui fonctionnent sans actionnaires milliardaires et sans subvention de l’Etat, offrent une information alternative fiable, en collaboration avec des agences de presse internationales.
1. Le Journal Chrétien, un service de presse en ligne reconnu par l’Etat
Le Journal Chrétien est historiquement le premier pure-player chrétien francophone dont le but est d’offrir au quotidien une information fiable et de qualité avec un regard chrétien.La ligne éditoriale du Journal Chrétien est généraliste, s’intéressant particulièrement aux actualités politiques, économiques, sportives et religieuses.
Il est le média chrétien le plus ancien et le plus lu dans Google actualités, principal canal de visibilité et d'audience pour les médias d'information en ligne.
Lorsqu’une église ou un pasteur doit faire face à des accusations calomnieuses dans le paysage médiatique ou devant les tribunaux français, les publications du Journal Chrétien sont toujours accueillies avec beaucoup de considération.

