Biélorussie: Le prix Nobel de la paix Bialiatski condamné à 10 ans de prison
MOSCOU (Reuters) – Le Biélorusse Ales Bialiatski, co-lauréat du prix Nobel de la paix en 2022, a été condamné vendredi dans son pays à dix ans de prison, une condamnation qualifiée de « tragédie » par la présidente du Comité Nobel norvégien.
Ales Bialiatski, qui est âgé de 60 ans, militant pour la démocratie et fondateur de l’organisation de défense des droits humains en Biélorussie Viasna, a été condamné pour financement de manifestations et évasion fiscale, selon l’agence de presse officielle biélorusse Belta.
Arrêté en 2021, il avait démenti les accusations à son encontre, disant être l’objet de poursuites pour des motifs d’ordre politique.
« Ce dossier, ce verdict à son encontre, est une tragédie personnelle pour lui. (…) Nous regrettons qu’il doive continuer sa lutte en prison », a déclaré la présidente du Comité Nobel, Berit Reiss-Andersen, déplorant elle aussi des accusations motivées par des intérêts politiques.
L’opposante biélorusse en exil Svetlana Tsikhanovskaïa a dénoncé la condamnation « épouvantable » de Bialiatski et d’autres prévenus lors du même procès. « Nous devons tout faire pour combattre cette injustice honteuse et les libérer », a-t-elle écrit sur Twitter.
Selon les organisations de défense des droits humains, environ 1.500 opposants politiques seraient emprisonnés en Biélorussie, dont la plupart ont été arrêtés après la répression des manifestations de 2020 à la suite de la réélection du président Alexandre Loukachenko lors d’une élection jugée truquée par l’opposition et les pays occidentaux.
« Cette condamnation témoigne une nouvelle fois de la politique de répression sans précédent conduite par les autorités biélorusses à l’encontre du mouvement de protestation pacifique qui a émergé à l’issue du scrutin frauduleux de l’élection présidentielle du 9 août 2020, ainsi qu’à l’encontre de toute voix critique du pouvoir biélorusse », a réagi le ministère français des Affaires étrangères dans un communiqué.
(Reportage Reuters, version française Matthieu Protard, édité par Kate Entringer et Jean-Stéphane Brosse)
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