Analyse: Maître des scrutins, Erdogan vacille avant la présidentielle
par Samia Nakhoul
ISTANBUL (Reuters) – Pendant plus de deux décennies, le président Recep Tayyip Erdogan a régné sur les élections en Turquie.
A l’heure où les sondages le placent au coude-à-coude pour le scrutin de dimanche avec son rival de l’opposition, Kemal Kilicdaroglu du Parti républicain du peuple (CHP), il est difficile d’imaginer pour ses détracteurs que celui qui a régné avec une main de fer sur le pays puisse admettre sagement sa défaite et quitter son poste sans broncher.
L’incertitude, l’anxieté, le doute et la tension sur l’issue du scrutin se font sentir dans les rues du pays. Chez les 85 millions d’habitants, beaucoup ont des envies de changement.
La Turquie a été frappée par une inflation galopante, une monnaie qui s’est effondrée et un déclin observé dans les conditions de vie, en plus du séisme de février qui a dévasté le pays, faisant plus de 50.000 morts et des millions de sans-abri.
Les sondages placent Kilicdaroglu légèrement en tête, encore plus depuis le retrait d’un autre candidat, Muharrem Ince, jeudi mais Recep Tayyip Erdogan pourrait trouver son salut dans sa traditionnelle base de soutien, la classe ouvrière.
Ceux qui ont observé l’émergence de Recep Tayyip Erdogan et la consolidation de son pouvoir ces trente dernières années avancent qu’il pourrait s’accrocher à la tête de l’Etat et même utiliser des ressources étatiques pour s’octroyer une victoire étriquée ou remettre en question une défaite serrée.
« Il pourrait contester un scrutin qui n’est pas en sa faveur ou si l’écart est marginal, mais il ne pourra pas faire grand chose si l’opposition remporte une victoire écrasante. Il est au plus bas dans sa carrière politique », affirme l’éditorialiste Kadri Gursel.
« Dire ‘il ne partira jamais de son poste’ en cas de défaite ne se base sur aucun fondement », souligne de son côté un dirigeant proche de la présidence, ajoutant que chaque camp pourra faire appel si des irrégularités sont observées lors du scrutin.
Pour être élu président au premier tour, il faut recueillir plus de 50% des voix. Si aucun d’entre eux ne parvient à franchir cette barre, les deux candidats devront se départager lors d’un second tour, scénario le plus envisageable.
LE NOUVEAU SULTAN
Dirigeant le plus influent depuis Mustafa Kemal Ataturk, le fondateur de la Turquie moderne, Recep Tayyip Erdogan a concentré les pouvoirs, muselé la dissidence, emprisonné les opposants et repris en main les secteurs des médias, de la justice et de l’économie, en renvoyant trois directeurs de la banque centrale en deux ans.
Il a fait le ménage dans l’armée avec des procès à répétition et la tentative de coup d’Etat contre lui en 2016 a mis au jour une dissidence parmi les généraux du pays.
Ses opposants le comparent à un sultan, dont l’ambition est de rivaliser avec Ataturk dans les manuels d’histoire. Avec son Parti de la justice et du développement (AK Parti), rangé sous l’étiquette d’islamo-conservateur, il a éloigné la Turquie de son passé laïque, loin des idéaux de son illustre prédécesseur.
Surtout, les économistes attribuent l’inflation – +85% l’an dernier – et la crise financière à la gouvernance des autorités.
Beaucoup de Turcs éprouvent des difficultés pour se nourrir, payer l’école ou leur loyer, notamment à cause de la chute de la livre turque.
Il semble loin le temps où Erdogan, arrivé au pouvoir en 2003, était salué, même par ses détracteurs, pour avoir fait de la Turquie une puissance régionale, développé de nouvelles infrastructures, écoles, hôpitaux, routes, amélioré le sort des classes populaires et le revenu par habitant.
Ses critiques reprochent toutefois aussi à Recep Tayyip Erdogan d’avoir créé, à la faveur de cette ère prospère, une nouvelle classe d’oligarques et d’entrepreneurs corrompus, les « Tigres anatoliens ».
En plus d’une économie désormais dans la tourmente, l’image du président turc a été ternie après le séisme de février par la lenteur de la réponse des autorités qui a provoqué la colère des habitants.
Une défaite de Recep Tayyip Erdogan à la présidentielle pourrait ramener le pays vers son passé démocratique et laïque, comme l’a promis Kilicdaroglu en assurant vouloir libérer les institutions de l’emprise de l’Etat.
Une victoire de l’actuel président pourrait mener à une répression parmi ses opposants politiques et les institutions indépendantes, craignent ses détracteurs.
« Il y a le sentiment que tout dépend des caprices d’une personne, que toutes les décisions sont prises par le président Erdogan, des moindres détails aux affaires d’Etat. Et les gens, même ceux qui l’aiment, en sont venus à considérer cela comme un danger », déclare Asli Aydintasbas, chercheuse à la Brookings Institution.
« Qu’il gagne ou pas, j’ai l’impression que l’ère Erdogan est terminée. La société turque est prête à tourner la page », assure-t-elle.
(Reportage par Samia Nakhoul et Orhan Coskun; version française Zhifan Liu, édité par Jean-Stéphane Brosse)
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