Suède: La nouvelle Première ministre démissionne à peine nommée
Magdalena Andersson a démissionné mercredi de son poste de Première ministre en Suède, moins de 12 heures après sa nomination, en raison de l’effondrement de sa coalition gouvernementale, plongeant le pays dans l’incertitude politique.
La dirigeante sociale-démocrate a dit avoir été poussée à la démission par l’annonce dans la journée du départ des Verts de la coalition gouvernementale.
Elle a toutefois déclaré au président du Parlement monocaméral qu’elle espérait être nommée à la tête d’un gouvernement composé d’un seul parti.
Les Verts, membres minoritaires de la coalition, ont annoncé s’en retirer après le rejet du projet de budget présenté par la coalition par le Parlement.
« J’ai demandé au président d’être relevée de mes fonctions de Première ministre », a déclaré Magdalena Andersson lors d’une conférence de presse. « Je suis prête à être Première ministre d’un gouvernement social-démocrate. »
Confirmée à ce poste quelques heures plus tôt par les parlementaires pour prendre la succession de Stefan Lofven, Magdalena Andersson était devenue la première femme à accéder à la tête du gouvernement en Suède.
Son mandat s’est finalement avéré d’une durée historiquement courte, plombé d’entrée de jeu par une crise politique latente: le Parlement, fragmenté, a approuvé mercredi le projet de loi de finances proposé conjointement par trois partis d’opposition, poussant les Verts à quitter la coalition.
Aucun bloc de centre gauche ou de centre droit n’a été en mesure de s’assurer une majorité parlementaire depuis les dernières élections législatives en 2018.
Stefan Lofven, ancien chef du Parti social-démocrate, avait su et pu garder son poste seulement en négociant en permanence avec le Parti de gauche et le Parti du Centre (centre droit), qui soutenaient au Parlement son gouvernement d’alliance avec les écologistes sans y participer.
A l’issue d’un accord de dernière minute, Magdalena Andersson a obtenu cette semaine le soutien du Parti de gauche mais le Parti du Centre, qui avait annoncé voter en faveur de sa nomination au poste de Premier ministre, a déclaré qu’il voterait contre le projet de loi de finances.
(Reportage Johan Ahlander et Simon Johnson, avec Anna Ringstrom; version française Jean-Stéphane Brosse et Jean Terzian, édité par Jean-Michel Bélot et Bertrand Boucey)
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