L’Europe vue prudente en attendant la BCE, le trafic par Ormuz sous tension (actualisé)
par Coralie Lamarque
7 septembre (Reuters) – Les principales Bourses européennes sont attendues en baisse lundi à l’ouverture, les marchés restant prudents en attendant jeudi la décision de politique monétaire et le discours de la BCE, tandis que le trafic par le détroit d’Ormuz inquiète.
D’après les premières indications disponibles, le CAC 40 parisien pourrait perdre 0,14% à l’ouverture.
Les contrats à terme signalent une baisse de 0,25% pour le Dax à Francfort, une baisse de 0,26% pour le FTSE à Londres et une baisse de 0,20% pour le Stoxx 600.
Une semaine déterminante s’ouvre pour les marchés, avec la décision de politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) prévue jeudi, suivie des données sur l’inflation aux États-Unis vendredi, alors que la situation au Moyen-Orient continue d’attiser les craintes concernant le trafic par le détroit d’Ormuz.
L’Iran a déclaré que Téhéran annoncerait dans les prochains jours la mise en place d’une zone d’exclusion au large du détroit d’Ormuz, après que les forces américaines ont frappé samedi trois pétroliers iraniens et que le Corps des gardiens de la révolution islamique iranien (CGRI) a lancé des missiles balistiques contre deux navires de la marine américaine.
Par conséquent, les cours pétroliers restent en hausse, tandis que le transport maritime par le détroit d’Ormuz tombe à son plus bas niveau depuis mai.
Face à ces pressions inflationnistes, la Banque centrale européenne (BCE) devrait, selon toute vraisemblance, relever ses taux à 2,75% jeudi à l’issue de sa réunion de politique monétaire.
Les contrats à terme laissent également entrevoir une probabilité de 75% d’une nouvelle hausse à 3,0% d’ici décembre.
L’attention des investisseurs devrait rester focalisée sur l’Europe lundi, Wall Street étant fermée en raison d’un jour férié aux États-Unis.
L’un des principaux événements de cette semaine sera la publication vendredi du rapport américain sur les prix à la consommation du mois d’août, pour lequel les prévisions médianes tablent sur une hausse de 0,2% de l’IPC sous-jacent, avec un risque de 0,3%.
Pour la Réserve fédérale américaine (Fed), le rapport optimiste sur l’emploi publié la semaine dernière a conduit les marchés à tabler sur une probabilité de 58% d’une hausse des taux lors de sa réunion du 16 septembre, et de 70% pour une hausse en octobre.
« La patience dont ont fait preuve les banques centrales face au choc énergétique a soutenu les cours des actifs et le cycle du crédit », a déclaré Bruce Kasman, responsable mondial des études économiques chez JP Morgan. « Cependant, les banques centrales passent désormais à l’action. »
LES VALEURS À SUIVRE :
À WALL STREET
La Bourse de New York a fini en baisse vendredi, la publication de données meilleures que prévu sur l’emploi aux États-Unis incitant les investisseurs à renforcer leurs paris sur une hausse de taux par la Fed.
L’indice Dow Jones a cédé 0,51%, ou 271,86 points, à 53.414,25 points.
Le Standard & Poor’s 500, plus large, a perdu 29,11 points, soit -0,38% à 7.718,60 points.
Le Nasdaq Composite a reculé de son côté de 77,07 points, soit -0,29% à 26.506,99 points.
Wall Street restera fermée lundi pour cause de fête du Travail (Labor Day).
EN ASIE
Les valeurs technologiques asiatiques rebondissent lundi, le rapport solide sur l’emploi aux États-Unis ayant été perçu comme un signe positif pour la croissance mondiale.
La Bourse de Tokyo a gagné 2,12% lundi à 66.399,84 points. Le Topix, plus large, a pris 0,55% à 4.125,80 points.
En Chine, l’indice composite de la Bourse de Shanghai progresse de 0,04% et le CSI 300 des grandes capitalisations avance de 0,51%.
La Bourse de Hong Kong perd 0,90%.
En Corée du Sud, le Kospi à forte valeur technologique grimpe de 4,61%.
CHANGES
Le marché des devises observe peu de fluctuations, alors que les tensions au Moyen-Orient laissent entrevoir des pressions inflationnistes plus généralisées susceptibles de contraindre les banques centrales mondiales à resserrer leur politique monétaire.
Le dollar abandonne 0,09% face à un panier de devises de référence et l’euro grappille 0,03% à 1,1616 dollar.
TAUX
Les rendements culminent toujours à des sommets, tandis que la publication vendredi d’un indice des prix à la consommation (IPC) élevé pourrait bien voir les rendements du bon du Trésor se rapprocher de la barre psychologique des 5,0%.
Le marché obligataire américain reste fermé lundi en raison d’un jour férié.
Le rendement du Bund allemand à dix ans prend 1,3 point de base à 3,3510%. Le deux ans gagne quant à lui 2,2 points de base à 2,9542%.
PÉTROLE
Les cours pétroliers restent en hausse, les frappes américaines et iraniennes contre des pétroliers au cours de week-end faisant tomber le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz à son plus bas niveau depuis mai.
La moyenne mobile sur dix jours de navires de transport de marchandises transitant par le détroit d’Ormuz s’établissait à 10 dimanche, soit le chiffre le plus bas depuis mai, selon les données maritimes Kpler.
Seuls deux navires ont traversé le détroit samedi, contre six dimanche, empruntant pour la plupart la route iranienne.
Les attaques de samedi ont constitué une « escalade majeure du conflit maritime », a déclaré la société de renseignement maritime Marisks dans une note.
« Les pétroliers commerciaux sont désormais délibérément utilisés comme instruments de pression économique réciproque, ce qui affaiblit considérablement la distinction qui existait auparavant entre confrontation militaire et transport maritime commercial », a-t-elle ajouté.
Le Brent prend 1,32% à 97,55 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) avance de 1,3% à 92,67 dollars.
PRINCIPAUX INDICATEURS ÉCONOMIQUES À L’AGENDA DU 7 SEPTEMBRE :
PAYS GMT INDICATEUR PÉRIODE CONSENSUS PRÉCÉDENT
ZE 08h30 Indice Sentix septembre +2,0 +0,9
ZE 09h00 PIB (final) T2
– sur un trimestre +0,4% +0,4%**
– sur un an +1,0% +1,0%**
** seconde estimation
(Rédigé par Coralie Lamarque, édité par Augustin Turpin)
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
1. Menace sur le pluralisme et la diversité des opinions : En France, une poignée de milliardaires ou de grands groupes industriels (actifs dans le luxe, l'armement, le BTP ou les télécommunications) détiennent l'immense majorité des quotidiens nationaux, des chaînes de télévision et des radios. Cette emprise réduit la variété des points de vue, appauvrit le débat public et favorise les conflits d'intérêts.
2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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