Soudan: Les opposants au pustch lancent une campagne de désobéissance civile
Des militants pro-démocratie ont lancé dimanche au Soudan deux jours de désobéissance civile et de grèves pour protester contre le coup d’Etat militaire du 25 octobre, mais les coupures d’internet et des réseaux téléphoniques entravent le mouvement.
Des « comités de résistance » locaux et l’Association des professionnels soudanais (SDA), à l’origine du soulèvement qui avait conduit à la chute du président Omar el-Béchir en 2019, ont lancé des appels à la mobilisation.
Dans le nord de Khartoum, des forces de sécurité patrouillaient dimanche matin sur les principales artères de la capitale, équipées de matraques et de grenades lacrymogènes.
La police a tiré des grenades lacrymogènes contre des dizaines d’enseignants qui avaient décidé d’organiser un sit-in devant la ministère de l’Education, selon le syndicat des enseignants. Cinq manifestants ont été arrêtés, a indiqué le syndicat.
Dans les hôpitaux et structures médicales, des personnels s’étaient mis en grève, d’autres travaillaient.
« Beaucoup de gens ne sont pas au courant de l’appel à la désobéissance civile en raison de la coupure d’internet », depuis le putsch du général Abdel Fattah Al-Bourhane, témoignait un habitant de Khartoum sous couvert d’anonymat.
Les militants qui réclament un retour au pouvoir civil appellent à de grands rassemblements le 13 novembre sous le mot d’ordre : « Pas de négociation, pas de partenariat, pas de compromis ».
Le général Abdel Fattah Al-Bourhane, chef du Conseil de souveraineté qui partageait jusqu’alors le pouvoir avec un gouvernement civil, a annoncé le 25 octobre la dissolution de cette instance de transition ainsi que celle du gouvernement et a décrété l’état d’urgence dans l’ensemble du pays.
Le Premier ministre Abdalla Hamdok a été placé en résidence surveillée, et plusieurs ministres ont été arrêtés.
Le nouvel homme fort du Soudan soutient avoir pris ces mesures afin d’éviter une guerre civile et s’est engagé à assurer une transition démocratique, avec l’organisation d’élections en juillet 2023.
Des efforts de médiation, avec l’appui notamment des Nations unies, se sont soldés par un échec, ont déclaré des sources au sein du gouvernement déchu.
Le général Abdel Fattah Al-Bourhane s’est entretenu avec une délégation de la Ligue arabe, a rapporté dimanche la télévision d’Etat, sans plus de détails.
(Reportage Khalid Abdelaziz et Nafisa Eltahir, rédigé par Aidan Lewis; version française Sophie Louet)
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