La France accuse l’ambassadeur du Mali de propager de « fausses accusations »
Le gouvernement français a vivement dénoncé jeudi la mise en cause par l’ambassadeur du Mali à Paris du comportement prêté à des soldats de la Légion étrangère à Bamako, prévenant que de telles « fausses accusations » risquaient de compromettre la lutte contre les groupes djihadistes au Sahel.
Entendu mercredi par la commission de la Défense et des forces armées du Sénat français, l’ambassadeur malien Toumani Djimé Diallo a pointé du doigt les « débordements » auxquels se seraient livrés, selon lui, des légionnaires français dans la capitale malienne.
« Par moments, dans les Pigalle de Bamako, vous les retrouvez, tatoués sur tout le corps, en train de rendre une image qui n’est pas celle que nous connaissons de l’armée. Ça fait peur, ça intrigue », a-t-il déclaré pendant une audition des ambassadeurs des pays du G5 Sahel (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger et Tchad) consacrée à l’opération Barkhane.
Soulignant qu’aucun légionnaire français n’a jamais été déployé à Bamako, Paris a accusé jeudi l’ambassadeur malien de propager des « fake news », alors même que le président Emmanuel Macron avait appelé lors d’un sommet à Pau, en janvier, ses homologues des pays du G5 Sahel à lutter contre les discours « indignes » qui alimentent les sentiments antifrançais.
« Cette mise en cause est non seulement fausse mais inacceptable (…) et indécente quand la France s’est résolument engagée pour combattre les groupes terroristes qui menacent les populations du Sahel », a protesté le cabinet de la ministre des Armées, Florence Parly.
AGIR « POUR LA RÉUSSITE DE TOUS »
« Plutôt que de véhiculer et de propager de fausses accusations, nous attendons de l’ambassadeur du Mali qu’il mobilise toute son action pour la mise en oeuvre des décisions du sommet de Pau et la réussite de tous », a-t-il ajouté dans une déclaration envoyée à Reuters.
Contactée par Reuters, l’ambassade du Mali a déclaré qu’elle ne souhaitait pas réagir dans l’immédiat.
L’armée française s’est aussi étonnée de ces accusations, alors qu’elle n’a « quasiment plus » de soldats stationnés à Bamako depuis le transfert du commandement de l’opération Barkhane au Tchad en 2014, à l’exception de membres de la mission de l’Onu (Minusma) ou de la mission de formation de l’Union européenne (EUTM).
« Il n’y a jamais eu d’unité de la Légion étrangère déployée ou stationnée à Bamako et elles n’ont pas vocation à l’être », a souligné le porte-parole de l’état-major, le colonel Frédéric Barbry.
Lorsqu’ils ont quartier libre, les soldats de la force Barkhane ne sont en outre pas autorisés à quitter leurs bases opérationnelles, toutes situées dans le nord-est du Mali, loin de Bamako, a-t-il ajouté.
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