Suisse: La BNS abaisse ses prévisions et maintient sa politique
par John Revill
ZURICH (Reuters) – La Banque nationale suisse (BNS) a dressé jeudi un diagnostic plus prudent de la reprise de l’économie helvétique et, à la différence de la Banque centrale européenne et de la Réserve fédérale américaine, elle n’a donné aucun indice augurant d’un resserrement prochain de sa politique monétaire.
Constatant que la dynamique de la reprise a « quelque peu ralenti ces derniers temps », la BNS a réduit d’un demi-point de pourcentage sa prévision de croissance du produit intérieur brut (PIB) suisse cette année pour la ramener à 3%.
Elle explique cette révision par le fait que « la dynamique a été moins marquée que prévu dans des branches dépendantes de la consommation telles que le commerce ou l’hôtellerie et la restauration ».
Elle maintient donc sa politique expansionniste « afin d’assurer la stabilité des prix et de continuer à soutenir la reprise de l’économie suisse face aux conséquences de la pandémie ».
L’inflation dans la confédération devrait rester faible pendant plusieurs années encore: attendue à 0,5% cette année, elle ne devrait atteindre que 0,8% en 2024, ce qui permet à la banque centrale de maintenir son principal taux d’intérêt à -0,75%.
La BNS ajoute qu’elle reste prête à intervenir sur le marchés des changes en cas de besoin afin de réduire les pressions à la hausse sur le franc, dont elle juge qu’il « se maintient à un niveau élevé ».
Cette stabilité parfaite de la politique monétaire suisse tranche avec l’évolution récente du discours de la BCE et surtout de la Réserve fédérale, qui se préparent à resserrer très progressivement la leur.
« Tant que la Fed ne commence pas à relever son taux, la pression sur la BNS en faveur d’un changement reste minimale », commente Thomas Stucki, économiste de la St Galler Kantonalbank. « Quand la Fed commencera à relever son taux en 2023, la BNS devra décider si elle attend la BCE ou si elle veut agir indépendamment. »
(Reportage John Revill, version française Marc Angrand, édité par Blandine Hénault)
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