Pakistan: Motion de censure contre Khan bloquée, vers des élections anticipées
ISLAMABAD (Reuters) – Le Premier ministre pakistanais Imran Khan a échappé dimanche au vote d’une motion de censure, bloquée par le vice-président du Parlement car jugée anticonstitutionnelle, mais il a présenté la démission de son gouvernement et demandé la tenue d’élections législatives anticipées.
Confronté à un front uni de l’opposition et désormais privé de majorité au Parlement, Imran Khan a déclaré à la télévision avoir demandé au président pakistanais Ariv Alvi de prononcer la dissolution de l’Assemblée nationale afin de permettre la tenue d’un scrutin anticipé.
Cette demande a été acceptée par le chef de l’Etat, ont indiqué les services de la présidence pakistanaise dans un communiqué.
Le ministre de l’Information, Fawad Chaudhry, a indiqué sur Twitter que le Premier ministre avait présenté la démission de son gouvernement et qu’il expédierait les affaires courantes jusqu’à la tenue du scrutin d’ici 90 jours, conformément aux dispositions prévues par la Constitution.
Le président du Parti du peuple, Bilawal Bhutto Zardari, a annoncé de son côté que plusieurs partis d’opposition allaient déposer un recours devant la Cour suprême pour contester le blocage de la motion de censure.
Imran Khan avait laissé entendre samedi qu’il pourrait ne pas reconnaître un éventuel vote de défiance, et accusé sans preuve les Etats-Unis d’être à l’origine de cette procédure visant à l’évincer du pouvoir.
L’opposition reproche à l’ancien joueur vedette de l’équipe nationale de cricket, devenu Premier ministre en 2018, d’avoir échoué à redresser l’économie, mise à mal par la pandémie de coronavirus, et de ne pas avoir tenu ses promesses en matière de transparence et de contrôle de l’action du gouvernement.
Imran Khan, 69 ans, a perdu sa majorité au Parlement après la décision de plusieurs partis de quitter la coalition gouvernementale pour rejoindre l’opposition.
(Reportage Asif Shahzad, version française Tangi Salaün)
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