Moscou menace de couper les exportations d’énergie en cas de plafonnement des prix
(Reuters) – Les autorités russes ont menacé vendredi de cesser les exportations énergétiques si les Occidentaux imposaient un plafonnement des prix du gaz et du pétrole extraits en Russie.
Un tel plafonnement viserait à assécher les recettes commerciales finançant la guerre que Moscou mène en Ukraine sans provoquer un choc d’offre susceptible de faire flamber des prix.
Les ministres des Finances du G7 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni) se réunissent ce vendredi en visioconférence pour préciser leurs intentions en vue de l’instauration d’un plafonnement du prix du pétrole russe et selon un responsable européen, « un accord est probable ».
Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a prévenu vendredi lors d’une conférence de presse téléphonique que la Russie arrêterait de vendre du pétrole aux pays qui imposeraient un plafonnement des prix des ressources énergétiques.
« Les entreprises imposant un prix maximal ne recevront plus de pétrole russe », a-t-il déclaré. « Nous arrêterons tout simplement de coopérer si les règles ne sont pas celles du marché », a-t-il ajouté.
Dans le cadre des sanctions prises à l’encontre de la Russie en raison de l’offensive lancée fin février en Ukraine, l’Union européenne (UE) a décidé en mai d’une réduction drastique de ses importations de pétrole russe.
Mais la Russie continue de vendre son pétrole sur le marché international et la flambée des prix du baril lui a permis de largement compenser la baisse des volumes.
Concernant le gaz, la présidente de la Commission européenne (CE), Ursula von der Leyen, a jugé vendredi qu’il était désormais temps de mettre en place un plafonnement du prix du gaz russe livré en Europe par gazoduc, afin de contrecarrer les tentatives du président russe Vladimir Poutine de manipulation du marché européen de l’énergie.
« Je suis persuadée qu’il est désormais temps de mettre en place un plafonnement sur le gaz livré en Europe par la Russie par gazoduc », a dit la cheffe de l’exécutif européen à la presse en marge d’un rassemblement de députés conservateurs allemand.
Pour l’ex-président russe Dmitri Medvedev, également ex-Premier ministre de Vladimir Poutine et désormais vice-président du Conseil de sécurité nationale russe, la Russie arrêterait de fournir du gaz à l’Europe si ce projet se concrétisait.
« Il n’y aura tout simplement plus de gaz en Europe », a-t-il écrit dans un message sur Telegram en commentaire aux déclarations d’Ursula von der Leyen.
Très dépendante des importations de gaz russe, l’UE n’a jusqu’ici pas pris de mesures restrictives concernant le gaz et les Européens, qui tentent actuellement de renforcer leurs stocks avant l’hiver, sont de plus en plus préoccupés par le risque d’une éventuelle interruption totale des livraisons de gaz russe.
Le géant russe Gazprom a totalement interrompu jeudi ses livraisons au français Engie en évoquant de récents impayés, ce que Paris conteste en accusant Moscou d’utiliser le gaz « comme une arme de guerre ».
Gazprom a par ailleurs fermé pendant trois jours, jusqu’à samedi, officiellement pour maintenance, le gazoduc Nord Stream 1, qui alimente l’Europe en gaz naturel russe en passant sous la mer Baltique.
(Reportage bureaux de Reuters ; version française Myriam Rivet, édité par Sophie Louet et Marc Angrand)
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