Lors de la messe de Noël, le pape invite à penser aux blessés de guerre et aux pauvres
par Philip Pullella
CITE DU VATICAN (Reuters) – Lors de la traditionnelle messe de Noël, le pape François a dénoncé samedi l’avidité et la soif de pouvoir, qui conduit certains à vouloir « dévorer leurs voisins », une allusion indirecte à la guerre en Ukraine et à d’autres conflits dans le monde.
Pour la première fois depuis le début de la pandémie de coronavirus, où la fréquentation avait été restreinte, quelque 7.000 personnes ont pu assister à la messe à l’intérieur de la Basilique Saint-Pierre où François célébrait le dixième Noël de son pontificat.
Environ 4.000 autres personnes ont également pu la suivre à l’extérieur, sur la place Saint-Pierre, par une nuit relativement clémente.
En raison d’une douleur chronique au genou qui l’empêche de rester longtemps debout, le pape a confié à un cardinal le soin d’assurer l’essentiel des célébrations devant l’autel de la plus grande église de la chrétienté.
Assis sur le côté de l’autel pendant la majeure partie de la messe, François a dénoncé la cupidité et le consumérisme, appelant les croyants à revenir à la source du message de Noël, en pensant à ceux qui souffrent de la guerre et de la pauvreté.
« Les hommes et les femmes de notre monde, dans leur soif de richesse et de pouvoir, dévorent même leurs voisins, leurs frères et sœurs », a-t-il déclaré. « Combien de guerres avons-nous vues! Et dans combien d’endroits, aujourd’hui encore, la dignité humaine et la liberté sont traitées avec mépris! »
Depuis que la Russie a envahi son voisin en février, François a dénoncé à de très nombreuses reprises les atrocités de cette guerre, qu’il a qualifiée d’agression non provoquée.
Il n’a pas spécifiquement mentionné l’Ukraine samedi soir.
« Comme toujours, les principales victimes de cette avidité humaine sont les faibles et les vulnérables », a-t-il déclaré, dénonçant « un monde assoiffé d’argent, de pouvoir et de plaisir… »
« Je pense avant tout aux enfants dévorés par la guerre, la pauvreté et l’injustice », mentionnant également « les enfants à naître, pauvres et oubliés ».
Le pape a fêté son 86e anniversaire la semaine dernière et, hormis son affection au genou, il semble être en bonne santé.
Il doit prononcer dimanche sa bénédiction et son message « Urbi et Orbi » (à la ville et au monde), comme il le fait deux fois par an, depuis le balcon central de la basilique Saint-Pierre, devant des dizaines de milliers de personnes rassemblés sur la place située en contrebas.
(Reportage Philip Pullella; version française Jean-Michel Bélot)
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