Les négociations internationales sur la limitation de la production plastique dans l’impasse
OTTAWA (Reuters) – Les négociations sur un futur traité mondial visant à lutter contre la pollution plastique se sont achevées tôt ce mardi sans qu’un accord ait été trouvé sur une proposition visant à envisager des limites durables à la production de plastique.
Les discussions, qui devaient s’achever lundi à Ottawa au Canada, se sont poursuivies toute la nuit mais les pays participants n’ont pas réussi à s’entendre pour savoir si le traité envisagé devait prendre en compte la lutte contre la surproduction de plastique.
La communauté internationale s’est engagée en 2022 à conclure d’ici la fin de cette année un traité juridiquement contraignant, le premier du genre, en prenant en compte l’ensemble du « cycle de vie » du plastique, de la fabrication à la transformation des déchets.
Mais le lobby de l’industrie pétrochimique et des Etats dépendants des énergies fossiles comme l’Arabie saoudite ou la Chine s’opposent à une limitation de la production ou à l’interdiction de certains produits chimiques, préférant insister sur la nécessité d’améliorer le recyclage.
Les pays ont néanmoins convenu mardi de la mise en place d’un travail technique d’ici la dernière série de négociations, prévue à Busan, en Corée du Nord à partir du 25 novembre, afin d’analyser la manière d’identifier les substances chimiques dangereuses contenues dans les produits plastiques, de revoir la conception des emballages plastiques et de financer les efforts de lutte contre la pollution plastique.
Plus de 50 pays ont soutenu une proposition du Rwanda et du Pérou visant à analyser, d’ici novembre, les niveaux durables de production de plastique.
Avec une production de plastique qui devrait tripler d’ici 2050, ces niveaux « ne sont pas durables et dépassent de loin nos capacités de recyclage et de gestion des déchets », a déclaré Juliet Kabera, négociatrice en chef du Rwanda.
Par ailleurs, 28 pays ont décidé de maintenir la question de la production de plastique à l’ordre du jour des négociations.
« La science est claire : nous devons d’abord nous attaquer aux niveaux insoutenables de production de plastique si nous voulons mettre fin à la pollution plastique à l’échelle mondiale », a déclaré Christophe Béchu, ministre français de la Transition écologique.
Le principal négociateur chinois présent à Ottawa, Yang Xiaoling, a jugé pour sa part que les pays devraient se concentrer sur des « sujets non litigieux », tels que la refonte des produits en plastique pour qu’ils utilisent moins de plastique ou qu’ils soient plus facilement recyclables.
(Reportage de Valerie Volcovici ; version française Dimitri Rhodes, édité par Blandine Hénault)
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