Les marchés chinois ébranlés par la nouvelle réglementation sur le soutien scolaire
HONG KONG (Reuters) – Les Bourses chinoises ont chuté lundi après l’annonce d’une nouvelle réglementation en matière de soutien scolaire privé qui pourrait lourdement affecter cette industrie de 120 milliards de dollars (101,7 milliards d’euros) sur laquelle les investisseurs ont massivement parié ces dernières années.
Les nouvelles règles publiées vendredi interdisent le soutien scolaire à but lucratif dans les principales matières scolaires, une initative qui ambitionne de réduire la pression financière sur les familles et stimuler le taux de natalité du pays.
Selon les nouvelles règles, toutes les institutions proposant des cours de soutien scolaire seront enregistrées comme organisations à but non lucratif, et aucune nouvelle licence ne sera accordée, selon un document officiel.
La nouvelle a provoqué une onde de choc dans le secteur et un mouvement de vente massif sur les actifs chinois. Dès vendredi, les actions des sociétés privées de soutien scolaire cotées à New-York ont chuté et le mouvement s’est poursuivi ce lundi.
Le CSI 300 des grandes capitalisations de Chine continentale a reculé de 3,22%, après avoir touché un séance un plus bas depuis décembre, l’indice composite de Shanghai a chuté de 2,34% et l’indice Hang Seng à Hong Kong a décroché de 4,01%, au plus bas depuis fin décembre.
Le sous-indice CSI de l’éducation a chuté de 9,64% lundi.
Le groupe TAL Education Group, coté aux États-Unis, a déclaré dimanche s’attendre à ce que les nouvelles règles aient « un impact négatif important sur ses services de soutien scolaire après l’école […] ce qui pourrait avoir un impact négatif » sur ses opérations et ses perspectives.
D’autres entreprises chinoises du secteur ont fait des déclarations similaires lundi.
En vertu de la nouvelle réglementation, les entreprises de soutien scolaire en ligne feront l’objet d’une surveillance accrue et le soutien scolaire après l’école sera interdit pendant les week-ends, les jours fériés et les vacances scolaires, indique le document.
Les institutions de soutien à l’éducation basées sur le programme scolaire n’auront pas non plus le droit de lever des fonds par le biais de cotations ou d’autres activités liées au capital. Les sociétés cotées n’auront pas le droit d’investir dans ces institutions, précise le document.
Dans une note, Goldman Sachs a indiqué qu’il réduirait de 78% en moyenne les objectifs de cours de sociétés cotées de soutien scolaire. Selon la banque américaine, l’impact de la nouvelle réglementation sur les résultats de ces entreprises s’explique principalement par l’interdiction du soutien scolaire le week-end et pendant les vacances, une activité qui représentait jusqu’à 80% de leur chiffre d’affaires.
(Reportage Julie Zhu, Scott Murdoch, Yingzhi Yang, Kane Wu Donny Kwok et Tom Westbrook, rédigé par Sumeet Chatterjee; Blandine Hénault pour la version française, édité par Nicolas Delame)
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