Le PS sous le feu des critiques après ses alliances locales avec LFI
PARIS, 17 mars (Reuters) – Après avoir exclu tout « accord national » avec La France insoumise (LFI) pour les élections municipales, le Parti socialiste (PS) a multiplié les rapprochements au niveau local avec la formation de Jean-Luc Mélenchon en vue du second tour, suscitant de vives critiques à droite et au centre, mais aussi dans son propre camp.
Le parti à la rose a noué des alliances avec les Insoumis dans des villes comme Lyon, Toulouse, Limoges, Avignon, Brest, Besançon, Clermont-Ferrand et Nantes – où la maire sortante Johanna Rolland, numéro deux du PS, est en difficulté.
Sachant qu’à Strasbourg, les listes écologistes et LFI se sont alliées pour barrer la route de la mairie à la candidate socialiste, Catherine Trautmann.
A Paris et Marseille en revanche, les candidats PS arrivés en tête, Emmanuel Grégoire et Benoît Payan, ont exclu un accord avec les candidats LFI qualifiés pour le second tour – rendant encore plus illisible la stratégie du PS.
Dans la cité phocéenne convoitée par le Rassemblement national, l’Insoumis Sébastien Delogu (près de 12% des voix) a finalement annoncé mardi sa décision de retirer sa liste.
Dénonçant les récents propos jugés antisémites de Jean-Luc Mélenchon, le premier secrétaire du PS Olivier Faure a réaffirmé à l’issue du premier tour dimanche l’absence d’accord national avec LFI, demandant aux socialistes de « rassembler dans la clarté et de veiller au respect de nos principes ».
Mais lundi soir, à l’issue d’une journée intense de tractations, il a dit « comprendre parfaitement les choix » d’alliances au niveau local.
« On fait en sorte de soutenir la possibilité de poursuivre des politiques de gauche », a-t-il expliqué sur France 2, disant faire le distinguo entre Jean-Luc Mélenchon et certains candidats. « Rien n’a changé, les mots de Jean-Luc Mélenchon abîment, divisent la gauche. Mais je ne suis pas d’accord avec l’idée que tous les Insoumis sont des clones de Jean-Luc Mélenchon ».
CONDAMNATIONS À GAUCHE AUSSI
Un positionnement qui a fait vivement réagir toute la classe politique.
« L’antisémitisme dénoncé par le bureau du PS est donc inacceptable au plan national mais tout à fait fréquentable au plan local. Quelle bande de Tartuffes! », a dénoncé sur X le président du parti Les Républicains, Bruno Retailleau.
Même réaction, sur le même réseau, de la cheffe de file des députés Rassemblement national, Marine Le Pen.
« Ni les saillies antisémites, ni les appels à la violence politique et leurs justifications n’auront eu raison de la mission essentielle de la gauche la plus hypocrite de la Terre: sauver leurs mandats! », a-t-elle déclaré.
« Ce qui devait être impossible devient en fait la règle (…), malgré les promesses et malgré les grandes déclarations », a déploré sur X le secrétaire général de Renaissance, Gabriel Attal.
La stratégie du cas par cas a aussi du mal à passer au sein du Parti socialiste et de ses alliés.
« Tout cela manque singulièrement de clarté », a estimé mardi le chef de file de Place publique, Raphaël Glucksmann, sur franceinfo, annonçant le retrait de tous les candidats de son mouvement « sur toutes les listes qui font la fusion ».
« On ne peut pas dire il y a 15 jours que Jean-Luc Mélenchon est un antisémite et ensuite constituer avec lui et son parti des pseudo fronts antifascistes pour lutter contre la droite ou le centre-droit », a ajouté l’eurodéputé.
Même colère chez le député socialiste Jérôme Guedj.
« J’ai mal à ma gauche républicaine », a-t-il dit sur Cnews/Europe 1. « L’intérêt général de la gauche et des socialistes, ce n’est pas la somme des intérêts particuliers des élus socialistes sur leur territoire ».
« Ce qui se noue à cet instant, c’est la crédibilité de la gauche républicaine (…). Dans ce moment-là il y avait un autre chemin qui était praticable », a affirmé Jérôme Guedj.
Lundi sur France Inter, l’ex-président François Hollande avait recommandé aux listes socialistes arrivées derrière LFI au premier tour de se retirer ou de se maintenir, sans nouer d’alliance. « La clarté, c’est une dynamique », a-t-il souligné.
Les candidats qualifiés pour le second tour des municipales, qui se tiendra dimanche, ont jusqu’à ce mardi 18h00 (17h00 GMT) pour déposer leur liste.
(Rédigé par Blandine Hénault, avec la contribution de Zhifan Liu, édité par Elizabeth Pineau)
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