Le ministre israélien des Finances relance un projet controversé de colonie en Cisjordanie
MAALE ADUMIM (Reuters) – Le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, a annoncé jeudi relancer un projet controversé établissant une colonie qui séparerait Jérusalem-Est de la Cisjordanie occupée, une décision qui, selon son bureau, « enterrerait » l’idée d’un État palestinien.
Jeudi, sur le site de la colonie prévue à Maale Adumim, le ministre d’extrême droite a déclaré que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président américain Donald Trump avaient convenu de relancer ce projet baptisé E1. Aucun des deux n’a pour le moment confirmé cette information.
« Quiconque dans le monde tente aujourd’hui de reconnaître un État palestinien recevra notre réponse sur le terrain. Pas avec des documents, ni avec des décisions ou des déclarations, mais avec des faits. Des faits concrets, comme des maisons et des quartiers », a déclaré Bezalel Smotrich.
Israël avait gelé les plans de construction de la colonie en 2012, puis de nouveau en 2020 après une tentative de les relancer, en raison des objections des États-Unis, des alliés européens et d’autres puissances mondiales qui considèrent le projet comme une menace pour tout futur accord de paix avec les Palestiniens.
Le projet E1 relierait la colonie de Maale Adumim, en Cisjordanie, à Jérusalem. La plupart des membres de la communauté internationale considèrent les colonies israéliennes en Cisjordanie et l’occupation militaire de la région depuis 1967 comme illégales.
Dans un communiqué intitulé « Enterrer l’idée d’un État palestinien », le porte-parole de Bezalel Smotrich a déclaré que le ministre avait approuvé le projet de construction de 3.401 maisons pour les colons israéliens entre la colonie de Maale Adumimen et Jérusalem.
A Maale Adumim, Bezalel Smotrich a déclaré à Reuters que le projet entrerait en vigueur mercredi, sans préciser ce qui se passerait ce jour-là.
Breaking the Silence, un groupe israélien de défense des droits humains fondé par d’anciens soldats israéliens, a critiqué le plan de Bezalel Smotrich, l’accusant d’encourager la colonisation en Cisjordanie alors que l’attention du monde entier est tournée vers la bande de Gaza.
« Cette appropriation de terres et cette expansion des colonies ne feront pas seulement fragmenter davantage le territoire palestinien mais elles renforceront encore davantage l’apartheid », a déclaré le groupe.
Nabil Abou Roudeineh, porte-parole de l’Autorité palestinienne, a appelé les États-Unis à faire pression sur Israël pour qu’il cesse la construction de colonies.
Le Qatar, qui a joué le rôle de médiateur entre le Hamas et Israël dans le cadre des efforts visant à obtenir un cessez-le-feu à Gaza, a condamné les actions de Bezalel Smotrich, les qualifiant de « violation flagrante du droit international ».
Le Hamas a qualifié ce plan de « colonialiste et extrémiste » et a appelé les Palestiniens à s’y opposer.
« L’Union européenne rejette toute modification territoriale qui ne s’inscrit pas dans le cadre d’un accord politique entre les parties concernées. L’annexion de territoire est donc illégale au regard du droit international », a déclaré Anitta Hipper, porte-parole de la Commission européenne, lors d’un point presse.
Peace Now, un site internet qui suit l’activité des colonies en Cisjordanie, a déclaré que le ministère israélien du Logement avait approuvé la construction de 3.300 logements à Maale Adumim.
« Le plan E1 est fatal pour l’avenir d’Israël et pour toute chance de parvenir à une solution pacifique à deux États. Nous sommes au bord du gouffre, et le gouvernement nous y précipite à toute vitesse », a déclaré Peace Now dans un communiqué.
Le groupe a déclaré qu’il restait encore des étapes à franchir avant la construction, notamment l’approbation du Haut Conseil de planification israélien. Mais si tout se passe comme prévu, les travaux d’infrastructure pourraient commencer dans quelques mois et la construction des logements dans environ un an, a-t-il ajouté.
(Rédigé par Alexander Cornwell ; version française Etienne Breban ; édité par Augustin Turpin et Blandine Hénault)
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