Le FMI appelle la France à poursuivre ses efforts de rigueur budgétaire
PARIS (Reuters) – La France doit faire de nouveaux efforts pour maîtriser son déficit budgétaire et contrôler le gonflement de sa dette publique, déclare jeudi le Fonds monétaire international (FMI) dans son rapport annuel sur l’économie française.
Le gouvernement de centre-droit français a décidé dans l’urgence de réduire les crédits budgétaires cette année après avoir été confronté l’an dernier à une envolée des dépenses et à des recettes fiscales moins importantes qu’escomptées, qui ont fait exploser le déficit.
Sa tâche est cependant compliquée par l’absence de majorité claire au Parlement et par l’hostilité d’une grande partie de l’opposition à toute mesure d’austérité comme à une hausse des impôts.
Dans ce contexte incertain et alors que la conjoncture économique internationale n’apparaît pas favorable, en raison notamment de la politique commerciale du président américain Donald Trump, le FMI dit s’attendre à ce que le gouvernement français s’efforce de tenir son engagement de maintenir le déficit budgétaire à 5,4% du produit intérieur brut (PIB) cette année.
Mais l’institution prévient que pour y parvenir, la France va devoir consentir de nouveaux efforts, sans lesquels le déficit demeurera autour de 6% et la dette, qui dépasse 3.200 milliards d’euros, continuera de gonfler.
« L’engagement des autorités françaises à ramener le déficit en dessous de 3% du PIB d’ici à 2029 est bienvenu et doit être étayé par un ensemble de mesures bien défini et crédible », souligne le rapport. « Il est crucial d’avancer sur l’agenda de réformes structurelles de la France pour stimuler la productivité et faciliter la consolidation des finances publiques. »
Parmi les pistes de réformes évoquées par le FMI figurent la rationalisation des dépenses publiques ainsi qu’un meilleur ciblage des prestations sociales au bénéfice de ceux qui en ont le plus besoin.
Le FMI estime que pour tenir ses objectifs, la France va devoir produire un effort budgétaire équivalent à 1,1% du PIB l’an prochain, puis 0,9% les années suivantes.
« Les services du FMI recommandent un ajustement structurel important de 1,1% du PIB en 2026, suivi d’environ 0,9% du PIB par an en moyenne à moyen terme, soit une trajectoire d’ajustement conforme à celle prévue par les autorités », lit-on dans le rapport.
Réagissant à la publication du rapport, le ministre de l’Economie et des Finances, Eric Lombard, a jugé qu’il confortait l’approche du gouvernement.
« Je salue l’analyse du FMI, qui souligne que notre effort actuel de réduction du déficit et nos perspectives économiques sont crédibles », a-t-il déclaré à Reuters. « La maîtrise de notre dépense publique est clé pour notre avenir. C’est notre priorité et notre boussole dans la construction du budget 2026. »
Pour tenir l’objectif d’un déficit à 4,6% du PIB en 2026, le Premier ministre François Bayrou a entamé les préparatifs du futur budget en prévenant qu’il faudrait réaliser 40 milliards d’euros d’économies. Mais les pistes explorées jusqu’à présent n’ont guère suscité l’enthousiasme au Parlement, ce qui place son gouvernement minoritaire à la merci d’une motion de censure à moins de deux ans de la prochaine élection présidentielle.
Pour compliquer la tâche du gouvernement, le FMI dit prévoir que la deuxième économie de la zone euro connaîtra une croissance de 0,6% cette année et de 1,0% en 2026, ce qui est légèrement moins optimiste que les estimations du gouvernement, qui table sur une croissance de 0,7% en 2025 et de 1,2% l’an prochain.
(Rédigé par Leigh Thomas, version française Tangi Salaün, édité par Blandine Hénault)
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